TEL-AVIV, 27 juillet (Le Parisien Matin) – C’est à Washington que se joue la prochaine séquence diplomatique entre Israël et les États-Unis. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a décollé lundi pour la capitale américaine, où il doit retrouver le président Donald Trump pour leur premier face à face depuis le début de leur conflit avec l’Iran.
Cette rencontre sera la huitième entre les deux hommes depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, mais la première depuis février, juste avant le lancement de leur campagne aérienne conjointe contre Téhéran. Un rendez-vous qui s’annonce décisif.
Une huitième rencontre sous haute tension
Dans une déclaration vidéo diffusée avant son départ, Benjamin Netanyahou a donné le ton. Il a insisté sur la gravité du moment et a placé un sujet au dessus de tous les autres.
« Dans ces temps complexes, il faut agir avec à la fois une grande détermination et une grande sagesse. Nous discuterons de tous les sujets à l’ordre du jour, principalement l’Iran. Bien sûr, notre objectif est de protéger notre sécurité et aussi d’élargir le cercle de paix autour de nous »
A t il déclaré.
Le contexte est particulièrement volatile. Israël n’avait pas pris part à la campagne de bombardements américains de deux semaines menée ce mois ci, qui avait poussé Téhéran à riposter en visant des bases américaines. Donald Trump a mis fin à cette campagne ce week-end. L’Iran a annoncé suspendre ses propres attaques tant que la pause américaine serait respectée. De son côté, Israël a prévenu qu’une attaque iranienne déclencherait une réponse israélienne d’envergure.
Des divergences assumées entre alliés
L’entente affichée cache des fissures de plus en plus visibles. Ces dernières semaines, Netanyahou lui même a reconnu des différences d’approche avec Donald Trump, alors que les intérêts israéliens et américains dans la région semblent parfois diverger.
Les tensions ont culminé en juin lors d’un appel téléphonique acrimonieux où le président aurait traité le Premier ministre de ‘fucking crazy’, selon une expression d’abord révélée par la presse puis confirmée publiquement par Donald Trump lui même. Un épisode qui a mis à nu la fragilité de la relation.
Un geste stratégique avant le sommet
À la veille de son départ, dimanche, Israël a fait un geste d’apaisement à l’égard de Washington en annonçant autoriser l’entrée d’une force de sécurité multinationale à Gaza, comme le prévoit le plan de paix proposé par Trump pour l’enclave. Le 21 juillet déjà, l’État hébreu avait annoncé un redéploiement partiel de ses forces dans le sud du Liban, dans le cadre d’accords soutenus par les États-Unis.
Pour Netanyahou, cette mise en scène d’une relation étroite avec Washington tombe à point nommé. À l’approche des élections législatives du 27 octobre, où il est en difficulté dans les sondages, il a besoin d’afficher son statut d’homme d’État. Le sommet intervient aussi à un moment où le soutien à Israël recule dans l’opinion publique américaine.


