TÉHÉRAN, 27 juillet (Le Parisien Matin) – Au large du Yémen, le détroit de Bab el-Mandeb a connu dimanche son plus faible trafic depuis des mois. Selon les données de Kpler publiées lundi, le passage stratégique entre la mer Rouge et le golfe d’Aden a vu son activité s’effondrer au lendemain de l’attaque menée par les Houthis contre des installations pétrolières saoudiennes sur la côte de la mer Rouge.
Un trafic à son plus bas depuis des mois
Onze navires de marchandises seulement ont franchi Bab el-Mandeb dimanche, un niveau historiquement bas. La perturbation s’inscrit dans une offensive plus large lancée la semaine dernière par les Houthis, soutenus par Téhéran, qui affirment vouloir bloquer les exportations saoudiennes. Une stratégie qui étend le conflit opposant Washington à l’Iran et qui avait déjà fortement réduit les flux via le détroit d’Ormuz.
Conséquence directe, les prix des cargaisons physiques de brut au Moyen-Orient, en Europe et en Afrique ont bondi la semaine dernière pour atteindre leur plus haut niveau depuis deux mois.
Bloquer les exportations saoudiennes
Sur les onze navires recensés dimanche, sept étaient des pétroliers. Trois d’entre eux faisaient route vers le nord pour entrer en mer Rouge, dont deux très gros transporteurs de brut, des VLCC, à destination du port de Yanbu pour charger du brut saoudien. Le troisième est identifié comme un navire lié à des intérêts russes.
Le porte parole militaire houthi Yahya Saree a revendiqué l’opération en déclarant :
« Nous avons frappé des sites appartenant à la compagnie pétrolière d’État Aramco dans les villes de Jizan et Yanbu ».
Des supertankers toujours en route vers l’Asie
Malgré le risque, quatre navires ont quitté la mer Rouge dimanche. Parmi eux, le VLCC New Explorer battant pavillon de Hong Kong avec à son bord 2 millions de barils de brut saoudien et émirati à destination de Ningbo, dans l’est de la Chine. Un autre transportait 1 million de barils de brut russe vers la Chine et un troisième environ 750 000 barils de brut saoudien vers le Pakistan.
Un quatrième géant des mers, le New Pearl, également sous pavillon de Hong Kong et chargé de 2 millions de barils de brut saoudien, est en train de sortir par Bab el-Mandeb pour rejoindre Zhoushan. Il s’agit du quatrième supertanker chinois à quitter la zone depuis l’annonce du blocus naval par les Houthis. Son gestionnaire, Associated Maritime Hong Kong, n’a pas répondu dans l’immédiat.
Hormuz reste sous très haute tension
La situation n’est guère meilleure dans le golfe Persique. Moins de dix navires de marchandises ont traversé quotidiennement le détroit d’Ormuz durant le week-end, alors même que les frappes entre les États Unis et l’Iran sont en pause.
Dimanche, sept navires seulement ont transité, dont trois pétroliers produits liés à l’Iran qui sortaient du détroit. Samedi, seuls trois navires sont passés, transpondeurs éteints : un VLCC en route vers le Qatar, un transporteur de GPL vers le port de Ruwais aux Émirats arabes unis et un tanker de naphta qatari à destination du Japon. Vendredi, sept navires étaient passés, majoritairement sortants, dont deux VLCC chargés de brut irakien et émirati.


