27 juillet (Le Parisien Matin) – Depuis le Yémen, les rebelles houthis alignés sur l’Iran affirment avoir mené ce lundi une opération d’ampleur contre plusieurs installations sensibles du réseau d’approvisionnement en brut qui relie l’est de l’Arabie saoudite au terminal d’exportation stratégique de Yanbu, sur la mer Rouge. Le géant pétrolier public Aramco n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaire.
Une attaque revendiquée sur l’axe est-ouest
Selon le mouvement armé yéménite, les frappes ont ciblé des sites jugés critiques pour le transport du pétrole brut à travers le royaume. L’oléoduc est-ouest est l’artère qui permet à Riyad de faire transiter son pétrole de la province orientale, où se concentre l’essentiel de la production, vers la côte ouest, évitant ainsi les points de passage les plus exposés du Golfe.
La justification avancée par les Houthis
Le porte-parole militaire houthi Yahya Saree a présenté l’opération comme une mesure de rétorsion. Il a déclaré que l’attaque intervenait en réponse à ce qu’il a décrit comme des incursions répétées de drones saoudiens dans l’espace aérien yéménite, avec cette unique déclaration :
« Cette opération est une réponse directe aux incursions de drones saoudiens dans notre espace aérien yéménite ».
Yanbu, une alternative vitale au détroit d’Ormuz
Cette revendication intervient dans un contexte de forte tension énergétique. L’Arabie saoudite a en effet redirigé une partie majeure de sa production vers Yanbu via son pipeline est-ouest pour contourner les attaques iraniennes contre le transport maritime dans le détroit d’Ormuz, des attaques qui se sont intensifiées depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran en février.
Vers un blocage élargi en mer Rouge ?
La semaine dernière déjà, les alliés yéménites de Téhéran avaient menacé d’étendre la perturbation de l’approvisionnement mondial à une seconde voie maritime majeure en annonçant un blocus de l’industrie pétrolière saoudienne en mer Rouge, une annonce qui avait fait grimper les cours. En réponse, Riyad a mené des frappes aériennes contre ce qu’il a présenté comme des installations militaires houthies dans le port de Hodeïda, affirmant vouloir protéger la liberté de navigation.


