PARIS, 2 juillet (Le Parisien Matin) – La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a lancé une mise en garde sévère concernant les conditions de voyage à travers l’Union européenne cet été. Le transporteur craint que le nouveau système d’entrée et de sortie biométrique (EES) ne génère un chaos dans les files d’attente au sein de nombreux aéroports européens, affectant particulièrement les familles en période de vacances scolaires.
Ce dispositif, conçu pour numériser les passages aux frontières, exige des ressortissants hors UE qu’ils fournissent des empreintes digitales et des images faciales lors de leur première entrée dans l’espace Schengen. Selon la direction opérationnelle de la compagnie, ce déploiement intervient alors que les infrastructures aéroportuaires et les ressources humaines paraissent insuffisantes pour absorber le flux massif de passagers attendu durant les mois de juillet et août.
Des aéroports sous forte pression
Le rapport de la compagnie identifie sept hubs touristiques particulièrement exposés à ces perturbations logistiques. En Espagne, les aéroports de Málaga, Alicante, Palma de Majorque et Tenerife Sud sont cités comme points critiques. La situation est tout aussi préoccupante à Paris Beauvais en France, Milan Bergame en Italie ainsi qu’à Cracovie en Pologne.
Certaines zones ont déjà enregistré des temps d’attente atteignant cinq à six heures lors des phases de test. Les associations professionnelles, dont Airlines for Europe et l’Association internationale du transport aérien, ont adressé un courrier urgent à la Commission européenne pour demander une flexibilité opérationnelle totale.
L’appel à une suspension immédiate
Face à ce constat, le secteur aérien insiste sur la nécessité de suspendre les nouvelles procédures jusqu’à la fin de la haute saison. Ryanair a formellement demandé aux gouvernements européens d’exercer leur droit de report, suivant l’exemple de la Grèce qui a déjà différé l’application du système. La compagnie souligne que les délais de traitement réels, qui s’étendent parfois au-delà des deux minutes initialement prévues par les planificateurs, risquent de provoquer des ratés logistiques majeurs, notamment des vols partant à moitié vides pour respecter les horaires stricts.
Neal McMahon, directeur des opérations chez Ryanair, a déclaré :
« Il est clair que le système d’entrée et de sortie est encore loin d’être prêt pour les volumes de pointe de l’été, et les passagers ainsi que les familles ne devraient pas servir de cobayes pour un système de contrôle des passeports inachevé qui risque de provoquer de longues files d’attente, des vols manqués et un stress inutile dans les aéroports. »
La Commission européenne a réagi en convoquant un sommet d’urgence avec les représentants des compagnies aériennes et des aéroports pour discuter des interventions possibles. Bien que les autorités européennes affirment que les contrôles prennent en moyenne 70 secondes par passager et que la plupart des sites ne rencontrent pas de difficultés majeures, le secteur craint une dégradation rapide de la situation avec l’intensification des flux touristiques. Les syndicats alertent également sur la montée des tensions et des comportements agressifs envers le personnel au sol, confronté à l’impuissance des voyageurs face à ces engorgements imprévus.


