LONDRES, 3 juillet (Le Parisien Matin) – Le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon ont officiellement scellé un accord stratégique de 4,6 milliards de livres sterling, soit environ 6,14 milliards de dollars, avec leur coentreprise industrielle Edgewing. Ce contrat, attribué le 3 juillet 2026 par l’agence trilatérale GCAP, marque une étape décisive pour le développement de l’avion de combat de sixième génération, un appareil furtif supersonique attendu pour remplacer les flottes vieillissantes comme l’Eurofighter Typhoon et le Mitsubishi F-2.
Une accélération industrielle concrète
Cet engagement financier couvre une période de 18 mois, s’étendant du 1er juillet 2026 au 31 décembre 2027. L’objectif principal est de finaliser la phase de définition conceptuelle avancée et l’évaluation du programme. Cette étape est cruciale pour permettre le lancement des phases d’ingénierie détaillée et de conception de l’appareil. La coentreprise Edgewing, composée à parts égales de BAE Systems pour le Royaume-Uni, de Leonardo pour l’Italie et de Japan Aircraft Industrial Enhancement pour le Japon, pilotera ces travaux techniques.
Le projet reste sur une trajectoire ferme pour une mise en service opérationnelle prévue en 2035. Pour les trois nations partenaires, ce programme représente non seulement une prouesse technologique, mais aussi un moyen de mutualiser des dizaines de milliards de dollars de coûts de développement tout en renforçant leurs capacités militaires respectives face aux enjeux de défense mondiaux.
Luke Pollard, ministre britannique de la Préparation à la défense, a souligné l’importance de cet investissement :
« Le Global Combat Air Programme offrira à nos pilotes un avion de combat furtif de pointe. La signature de ce contrat de 4,6 milliards de livres sterling aux côtés de l’Italie et du Japon est une étape majeure vers la livraison. »

Un environnement géopolitique favorable
La signature de cet accord intervient dans un climat apaisé après plusieurs mois d’incertitudes liées au financement britannique. Le 30 juin 2026, le gouvernement du Royaume-Uni a clarifié sa position en publiant son Plan d’investissement en matière de défense, confirmant une enveloppe de 8,6 milliards de livres sterling sur quatre ans dédiée au GCAP. Cette garantie financière a permis de lever les inquiétudes des partenaires internationaux et de sécuriser les emplois de milliers d’ingénieurs spécialisés.
Parallèlement, la dynamique européenne a évolué avec l’effondrement récent d’un programme concurrent franco-germano-espagnol, le FCAS. Ce basculement positionne le GCAP comme le principal écosystème de combat aérien de nouvelle génération en Europe. Cette nouvelle donne attise déjà l’intérêt d’autres pays, tels que l’Allemagne, le Canada et l’Arabie saoudite, qui pourraient chercher à rejoindre cette alliance industrielle d’envergure.
Des technologies de rupture embarquées
Au-delà de sa cellule furtive, le futur avion GCAP se distinguera par des innovations technologiques radicales. Le cockpit sera entièrement virtuel, remplaçant les cadrans physiques par une interface holographique projetée dans le casque du pilote. L’appareil intégrera également une intelligence artificielle capable de surveiller les données biométriques et les ondes cérébrales du pilote pour prendre le contrôle automatique en cas d’incapacité liée aux forces G.
Les moteurs, conçus par Rolls-Royce, joueront le rôle de générateurs électriques massifs pour alimenter des armes à énergie dirigée, comme des lasers. Enfin, l’avion agira comme un centre de commandement pour piloter des escadrons de drones « Loyal Wingmen » (ailiers fidèles), tandis que son radar ultra-performant pourra traiter un volume de données équivalent au trafic internet d’une petite ville, tout en servant d’arme de guerre électronique.


