AIX-EN-PROVENCE, 3 juillet (Le Parisien Matin) – Lors du Forum économique organisé dans le sud de la France, le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a officialisé une information majeure concernant les relations avec Washington. Il a affirmé que les pressions exercées par les États-Unis pour prendre le contrôle du territoire ont officiellement cessé, le président Donald Trump ayant renoncé à son idée d’annexion.
Cette déclaration intervient dans un contexte de vives tensions diplomatiques. Depuis deux ans, le territoire groenlandais se trouvait au cœur d’une stratégie américaine visant à accroître son influence dans l’Arctique. Si cette menace semble aujourd’hui écartée par la voie diplomatique, la méfiance reste toutefois de mise au sein du gouvernement local face aux ambitions persistantes de certains membres de l’administration américaine.
Le Premier ministre Jens-Frederik Nielsen a dénoncé, durant une table ronde intitulée
« Un monde, plusieurs regards : qui impose le sien ? », le caractère inacceptable des pressions subies.
Selon ses propos, un représentant spécial des États-Unis l’aurait contacté trois jours auparavant pour lui signifier ce revirement officiel de la Maison-Blanche.
« Nous ne renonçons pas à notre droit à l’autodétermination, nous ne sommes pas à vendre », a martelé le dirigeant groenlandais devant l’assemblée.
Malgré cette annonce, M. Nielsen a souligné que le climat de pression reste palpable et que le Groenland doit demeurer vigilant, tout en cherchant à établir un dialogue direct et constructif avec les autorités américaines.

La position du Groenland est claire : le territoire souhaite renforcer ses partenariats avec des nations partageant des valeurs démocratiques et un respect scrupuleux du droit international. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, présent aux côtés de M. Nielsen, a salué le courage du Premier ministre. Il a souligné que la population groenlandaise a fait le choix de l’Europe et de l’OTAN, rejetant toute velléité d’impérialisme extérieur.
Dans cette optique, le gouvernement groenlandais envisage de resserrer ses liens avec le Canada et les pays nordiques. L’objectif est de sécuriser la région tout en jouant un rôle clé dans l’approvisionnement en ressources minérales pour l’Europe, permettant ainsi de réduire la dépendance vis-à-vis d’autres puissances mondiales comme la Chine.
Si Donald Trump a officiellement mis de côté ses projets d’acquisition forcée, l’intérêt américain pour cette île stratégique ne date pas d’hier. L’histoire diplomatique rappelle que les États-Unis ont tenté, à cinq reprises depuis 1867, d’acquérir le territoire par différents moyens financiers ou échanges de terres.
Malgré le retrait des menaces militaires annoncées lors du sommet de Davos en janvier dernier, certains collaborateurs du président continuent de cultiver des idées singulières. Des publications récentes de responsables américains ont suggéré, par exemple, la possibilité de faire du Groenland le 51e État des États-Unis à l’horizon 2027. Ces sorties médiatiques montrent que, bien que l’annexion forcée ne soit plus à l’ordre du jour officiel, les ambitions stratégiques et économiques sur l’Arctique demeurent une priorité constante pour une partie de l’administration en place. Le gouvernement groenlandais continue donc de privilégier sa souveraineté, soutenu par ses alliés européens, pour préserver son intégrité territoriale face à ces manœuvres répétées.


