PARIS, 5 juillet (Le Parisien Matin) – La cour d’appel de Paris doit rendre, le mardi 7 juillet 2026, un arrêt décisif pour l’avenir politique de Marine Le Pen. Cette décision de justice déterminera directement si la figure de proue du Rassemblement national pourra se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Cette audience fait suite à l’appel interjeté par la responsable politique contre sa condamnation prononcée en mars 2025. Elle avait été reconnue coupable d’avoir détourné 2,9 millions d’euros de fonds du Parlement européen entre 2004 et 2016 afin de rémunérer des membres du personnel de son parti.
En première instance, la justice avait condamné l’élue à une peine de quatre ans de prison, dont deux fermes assortis d’un placement sous surveillance électronique. Le tribunal avait également prononcé une peine d’inéligibilité de cinq ans, assortie de l’exécution provisoire, interdisant ainsi toute fonction publique immédiate malgré l’appel.
Plusieurs issues juridiques sont possibles à l’issue de cette audience. Un acquittement complet permettrait à la dirigeante de confirmer sa participation au scrutin présidentiel, bien que le parquet puisse encore se pourvoir en cassation.
Une réduction de peine constitue une seconde option. Si la cour réduit l’inéligibilité à deux ans ou moins, la sanction arriverait à son terme juste avant le premier tour de l’élection en avril 2027. Enfin, le maintien de la peine initiale de cinq ans confirmerait son inéligibilité définitive, la disqualifiant de la course à l’Élysée.
Au-delà de l’aspect légal, Marine Le Pen fait face à des contraintes pratiques majeures. La question du bracelet électronique demeure centrale pour le déroulement de ses activités politiques sur le terrain.
Lors d’un échange avec la chaîne LCI, elle a clairement exprimé sa position :
« Une candidate a besoin d’une liberté totale de mouvement et ne peut dépendre de l’autorisation d’un juge pour se rendre dans des meetings ou visiter des marchés. »
Une éventuelle disqualification modifierait radicalement la stratégie du Rassemblement national. Jordan Bardella, président du parti et protégé de longue date, apparaît comme le successeur désigné en cas d’empêchement.
Si une transition vers Jordan Bardella marquait un changement historique pour la formation, mettant fin à la domination directe de la famille Le Pen, les sondages récents montrent que le mouvement reste compétitif. Quel que soit le candidat, le parti conserve une assise électorale puissante pour la prochaine échéance nationale.


