PARIS, 9 juillet (Le Parisien Matin) – Le gouvernement français a officialisé le lancement d’un programme d’aide d’urgence de 145 millions d’euros destiné à soutenir les agriculteurs face à la flambée des prix des engrais azotés. Cette hausse des coûts, provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations majeures au niveau du détroit d’Hormuz, menace la rentabilité des exploitations nationales.
Le dispositif repose sur une enveloppe de 107 millions d’euros provenant de la réserve de crise de l’Union européenne, complétée par 38 millions d’euros de fonds publics français. L’objectif premier est de relancer les achats d’intrants, de stabiliser la trésorerie des fermes et de garantir la viabilité des récoltes pour 2027.
Le programme prévoit une aide financière échelonnée en fonction de la situation des exploitations. La subvention de base est fixée à 50 euros par tonne d’engrais azoté, dans la limite de la moitié de la consommation totale enregistrée par l’agriculteur en 2025.
Pour les exploitations les plus exposées, le montant de l’aide est porté à 70 euros par tonne. Ce tarif majoré s’applique spécifiquement lorsque les dépenses liées aux engrais représentent plus de 10 % des charges d’exploitation totales de la ferme.
Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, a souligné la nécessité de cette intervention publique pour contrer les impacts des crises internationales sur la production nationale.
« Nous refusons de laisser une crise géopolitique internationale conduire nos agriculteurs à renoncer à produire. Soutenir les achats d’engrais aujourd’hui signifie préserver les récoltes de demain et protéger les revenus des agriculteurs », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse.
Parallèlement à cette aide d’urgence, la France a dévoilé un programme d’investissement industriel de 2 milliards d’euros sur une période de dix ans. Le gouvernement prévoit une injection directe de 620 millions d’euros de fonds publics pour moderniser les sites existants et développer de nouvelles capacités de fabrication d’engrais azotés bas carbone.
Ces investissements stratégiques visent à accroître la production nationale d’engrais azotés de 20 % d’ici 2032. Cette initiative cherche à réduire à terme la dépendance de la France vis-à-vis des voies de commerce mondiales soumises à une forte volatilité.
Le gouvernement maintient une vigilance constante sur l’évolution du marché des intrants. Une évaluation formelle de la situation sera réalisée le 1er octobre prochain. À cette occasion, les autorités analyseront notamment les corrections de marché induites par les négociations de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.
Si les prix demeurent à des niveaux excessivement élevés au-delà de l’automne, des mesures de soutien supplémentaires pourraient être déployées par l’exécutif pour accompagner le monde agricole.


