MAUMERE, 15 août (Le Parisien Matin) – Un séisme de magnitude 7,7 a frappé l’est de l’Indonésie ce samedi, provoquant la mort d’au moins 38 personnes et faisant de nombreux blessés. L’épicentre a été localisé en mer à faible profondeur, à environ 68 kilomètres de la ville d’Ende, sur l’île de Florès.

Le chef de l’agence nationale de gestion des catastrophes, Suharyanto, a confirmé le bilan lors d’une conférence de presse.

« Deux autres personnes ont été grièvement blessées, 11 ont subi des blessures légères et environ 2 000 personnes ont évacué les lieux de leur propre initiative »

A déclaré Suharyanto.

Les images amateurs relayées par les médias ont montré des habitants fuyant les marchés et les habitations de Maumere vers les hauteurs. Des vidéos ont capturé l’effondrement de structures portuaires, entraînant la chute de dizaines de personnes. Plusieurs bâtiments ont été lourdement endommagés ou réduits en décombres.

Une alerte au tsunami avait été déclenchée dans les provinces du Nusa Tenggara oriental et occidental et du Sulawesi du Sud. Elle a finalement été levée par les autorités. La région est restée sous surveillance en raison de plusieurs répliques, dont une de magnitude 6,1.

Les équipes de l’agence de sauvetage BASARNAS ont extrait la majorité des victimes à Maumere. Plusieurs personnes sont restées bloquées sous les décombres.

Le district de Nagekeo, le plus proche de l’épicentre, est demeuré difficile d’accès à cause de glissements de terrain. Les réseaux électriques et de communication ont été coupés. L’armée a été mobilisée, avec deux hélicoptères et un avion de transport pour acheminer vivres et matériel médical.

Ce séisme ne surprend pas les sismologues. L’archipel indonésien est coincé sur la ceinture de feu du Pacifique, là où les plaques tectoniques se frictionnent en permanence. Mais ce qui frappe ici, c’est la combinaison de trois facteurs aggravants : une magnitude très élevée, une faible profondeur et un épicentre proche des côtes habitées.

La ville de Maumere n’est pas une inconnue. En 1992, elle avait déjà été dévastée par un séisme et un tsunami qui avaient fait plus de 2 000 morts.

Les infrastructures y restent fragiles, souvent construites sans normes parasismiques strictes. Les vidéos de l’effondrement du port en témoignent : du béton armé qui cède d’un bloc.

L’autre enseignement est la réaction de la population. Les 2 000 évacuations spontanées avant même l’ordre officiel montrent que la mémoire de 2004 reste vive.

En 2004, un séisme de magnitude 9,1 au large de Sumatra avait provoqué un tsunami qui avait tué 170 000 personnes en Indonésie. Aujourd’hui, les habitants préfèrent fuir vers les hauteurs plutôt que d’attendre la levée d’alerte.

Enfin, la difficulté à atteindre Nagekeo révèle les limites du dispositif de secours indonésien. L’archipel compte plus de 17 000 îles, les routes sont précaires et les coupures de communication isolent instantanément des districts entiers. Le recours à l’armée et aux hélicoptères est devenu systématique, mais il ne compense pas l’absence d’un maillage préventif.

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