VAL ROSEG, 16 août (Le Parisien Matin) – Une excursion en calèche a viré au drame samedi dans l’est de la Suisse. Un attelage composé d’une calèche de tête suivie de deux remorques a percuté un arbre dans une zone boisée du Val Roseg, près de Pontresina, faisant une morte de 73 ans et douze blessés.
L’excursion et les deux attelages
Le groupe comptait une quarantaine de personnes réparties sur deux attelages. Elles participaient à une excursion dans la vallée alpine de Haute-Engadine, près de la frontière italienne.
L’attelage accidenté transportait à lui seul une partie importante du groupe. Selon la police, les participants résidaient tous en Suisse.
L’accident s’est produit sur un tronçon en pente lors du retour vers Pontresina. Le cocher a constaté une perte d’efficacité du système de freinage.
« Sur un tronçon en pente, le cocher a constaté que la puissance de freinage était insuffisante et a tenté, avec son attelage de trois chevaux, de dévier vers une zone plus plate afin de ralentir »
A indiqué la Police cantonale des Grisons.
La manœuvre d’urgence a échoué.
« Dès le début de cette manœuvre, l’un des chevaux est tombé ».
A précisé la même source.
L’attelage est alors devenu incontrôlable et a violemment percuté un arbre, éjectant plusieurs passagers.
Douze passagers ont été blessés, dont deux grièvement. La septuagénaire est décédée sur place malgré l’intervention rapide des secours.
Trois hélicoptères, dont deux de la Rega, et quatre ambulances ont été mobilisés pour évacuer les victimes vers les hôpitaux des environs. Les passagers indemnes ont été ramenés à Pontresina où une cellule d’aide psychologique a été mise en place.
Les autorités ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Un accident qui interroge le modèle touristique grison
Au-delà du drame humain, cet accident met en lumière une faille connue des professionnels de la montagne. Le Val Roseg est une vallée prisée, plate sur le fond mais dont les accès depuis Pontresina présentent des déclivités brutales. Les attelages à remorques multiples, très rentables en haute saison, y sont poussés à leurs limites.
Le problème n’est pas nouveau. Un attelage de trois chevaux tractant une calèche plus deux remorques chargées représente plusieurs tonnes en mouvement. Sans freinage auxiliaire indépendant sur chaque remorque, la seule force des chevaux ne suffit plus dans une descente. La chute d’un cheval, comme ici, n’est pas la cause, mais la conséquence d’une surcharge mécanique.
La Suisse a durci les normes après plusieurs incidents similaires en Suisse centrale, imposant des contrôles techniques annuels et une limitation du nombre de passagers. Reste la question de la formation et de la pression commerciale. En pleine saison estivale, les rotations s’enchaînent et l’entretien est parfois reporté.
L’enquête devra déterminer si les freins étaient conformes, si le poids total était respecté et si le cocher avait une alternative pour stopper l’attelage. C’est tout un pan du tourisme nostalgique alpin qui se retrouve à devoir justifier sa sécurité face à une clientèle qui le croyait sans risque.


