CRAC’H, 26 août (Le Parisien Matin) – Un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années a perdu la vie après avoir été percuté par une voiture sur la route départementale 28, ce mercredi peu avant 5 h du matin. Le conducteur du véhicule ne s’est pas arrêté et a pris la fuite immédiatement après l’impact. Une enquête de gendarmerie a été ouverte.

L’accident s’est noué au niveau du lieu-dit Le Granic / Rosnarho, à mi-chemin entre Auray et le bourg de Crac’h. La collision s’est produite vers 4 h 45, en pleine ligne droite sur la RD 28.

Le maire de la commune, Ronan Le Délizir, était présent sur place auprès des services de gendarmerie. Interrogé par Ouest-France, il a précisé la configuration des lieux.

Ronan Le Délizir :

« On est ici en pleine ligne droite, sur un axe très fréquenté en journée ».

Selon les informations recueillies par Le Télégramme, l’impact a été d’une violence extrême. Le corps du jeune piéton a été projeté sur une dizaine de mètres.

Malgré l’intervention rapide des pompiers et du SMUR, le jeune homme n’a pas pu être réanimé. La circulation a été totalement bloquée dans les deux sens le temps des opérations de secours.

L’identité précise de la victime n’a pas encore été formellement communiquée. Le maire a indiqué qu’il ne connaissait pas la victime.

Les gendarmes de la compagnie d’Auray ont effectué des relevés techniques et des constatations minutieuses sur place. Ils ont recherché des débris et des traces de freinage pour tenter de déterminer la marque, le modèle ou la couleur du véhicule en fuite.

Une enquête judiciaire pour homicide involontaire aggravé par le délit de fuite a été confiée à la gendarmerie. L’objectif est d’identifier et de retrouver activement l’automobiliste en cause.

Le conducteur encourt jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.

Ce drame de Crac’h réunit les deux ingrédients les plus redoutés sur les routes secondaires bretonnes : un piéton vulnérable aux heures où la visibilité est la plus faible, et un automobiliste qui disparaît.

La RD 28 n’est pas une route isolée. Comme l’a rappelé le maire, c’est un axe très fréquenté en journée, rectiligne, qui incite à la vitesse. À 4 h 45 du matin, ce caractère anodin devient un piège.

La ligne droite donne un sentiment de sécurité trompeur, la fatigue et l’obscurité réduisent le temps de réaction, et un piéton en bord de chaussée devient quasiment invisible.

Au-delà de l’émotion, c’est le délit de fuite qui transforme juridiquement et moralement l’affaire. Sur le plan pénal, il fait passer l’homicide involontaire de 5 à 7 ans de prison.

Sur le plan humain, il prive les secours de minutes cruciales et les enquêteurs d’un témoignage immédiat. Les gendarmes d’Auray doivent désormais travailler à l’ancienne : débris de pare-chocs, éclats de phare, traces de freinage.

C’est une enquête matérielle, lente, qui dépendra beaucoup de la vidéosurveillance des communes voisines et des garages du secteur.

Ce type d’accident pose aussi la question de la sécurisation des liaisons Auray – Crac’h. Pas d’éclairage, pas de trottoir sur cette portion, et une circulation pendulaire qui commence très tôt. Le drame de ce mercredi rappelle que la sécurité des piétons ne se joue pas qu’en ville.

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