PÉKIN, 26 août (Le Parisien Matin) – La Chine a ordonné le 25 août à ses ressortissants de quitter l’Eswatini « dès que possible ». Pékin a invoqué des risques sécuritaires extrêmement élevés liés à la cyberfraude, alors que le royaume restait le seul allié diplomatique de Taïwan en Afrique.
Pékin invoque des risques extrêmes
Le porte-parole des Affaires étrangères, Lin Jian, a affirmé :
« L’Eswatini fait face à une situation de sécurité complexe, marquée par la fraude généralisée dans les télécommunications, le jeu en ligne et des risques pour la sécurité extrêmement élevés ».
Il a dit que l’avis résultait d’une « évaluation prudente ».
Il a ajouté que l’émission d’avertissements était une « pratique courante dans le monde entier ».
Il a déclaré :
« Engagés dans une approche centrée sur les personnes et avec une diplomatie au service de la population, nous ferons tout ce qui est nécessaire pour sauvegarder la sécurité et les droits et intérêts légitimes des citoyens chinois à l’étranger ».
L’argument s’est appuyé sur une opération réelle menée en Eswatini. La police a démantelé un réseau d’extorsion et de jeux d’argent illégaux. Environ 200 étrangers ont été arrêtés, dont au moins 55 citoyens chinois.
Un groupe de 40 a été intercepté à la frontière en tentant de fuir. Mbabane a jugé que l’opération prouvait l’efficacité de sa police. Un peu plus de 200 Chinois travaillaient dans le textile, le commerce et la restauration.
La décision est intervenue trois mois après la visite du président taïwanais Lai Ching-te. Prévu en avril, le déplacement fut annulé après que les Seychelles, Maurice et Madagascar ont retiré les autorisations de survol sous pression chinoise.
Lai Ching-te a atterri en mai avec un itinéraire secret. Pékin a dénoncé un « style de contrebandier » et qualifié le dirigeant de « risée internationale ».
Le 1er mai, la Chine a étendu sa politique zéro taxe à 53 des 54 pays africains. L’Eswatini fut le seul exclu. Pékin a accusé le roi Mswati III de céder à la diplomatie du carnet de chèques de Taïwan, qui finançait depuis 1968 des infrastructures et programmes de santé.


