PARIS, 31 août (Le Parisien Matin) – Le président de l’association LGBT+ FLAG! a été grièvement blessé lors d’une agression à la sortie d’un bar du quartier du Marais dans la nuit de vendredi à samedi. Le parquet de Paris a annoncé dimanche l’interpellation de l’auteur présumé et l’ouverture d’une enquête pour violences à caractère homophobe.

Une agression d’une extrême violence

L’attaque s’est produite un peu avant 04H00 du matin à la sortie d’un établissement du centre de la capitale. La victime a été frappée par un jet de bouteille au visage.

Elle présenta de nombreuses blessures, dont une hémorragie interne et le crâne ouvert. Depuis son lit d’hôpital, elle envoya des photos de ses blessures, diffusées sur le site de Stop Homophobie.

L’association Stop Homophobie a dénoncé une « agression à caractère homophobe » visant Pierre Picavet, selon Stop Homophobie.

Dans sa plainte, la victime indiqua que l’agresseur l’avait traité de « sale pédé » à plusieurs reprises, selon le parquet. Le parquet précisa que « Elle lui a décliné sa qualité de policier immédiatement tout en lui montrant sa carte professionnelle, sans dissuader le mis en cause de s’en prendre à elle », selon le parquet.

Le profil de la victime

Pierre Picavet est policier de profession et préside FLAG!, l’association de lutte contre les discriminations et violences LGBTphobes qui regroupe des agents des ministères de l’Intérieur et de la Justice.

Il quittait un bar lorsque l’agression survint. Il déclina sa qualité de policier et montra sa carte professionnelle, sans que cela n’interrompe les violences.

Une enquête pour violences aggravées

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violence suivie d’incapacité supérieure à huit jours commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime », selon le parquet.

L’auteur présumé des faits, né en 2006, fut interpellé rapidement après l’agression. Il était alcoolisé au moment des faits et son casier judiciaire était vierge.

Sur le réseau X, le premier adjoint au maire de Paris Emmanuel Grégoire a condamné « cette odieuse agression homophobe » au coeur de la capitale, selon Emmanuel Grégoire.

La présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a également dénoncé cette « violente agression homophobe », selon Valérie Pécresse.

Une attaque à forte charge symbolique

Au-delà du fait divers, l’agression de Pierre Picavet percute deux symboles à la fois. Le Marais, historiquement perçu comme un refuge pour la communauté LGBT+ parisienne, devient le théâtre d’une violence décomplexée à 4 heures du matin.

Et la victime n’est pas un militant anonyme : c’est un policier en exercice qui préside l’association censée faire le lien entre l’institution et les personnes LGBT+.

Le fait que l’agresseur ait poursuivi son attaque malgré la présentation d’une carte professionnelle interroge. L’alcool explique en partie le passage à l’acte, mais pas la motivation. Traiter la victime de « sale pédé » puis ignorer son statut de policier montre que la haine a pris le dessus sur toute crainte de l’autorité.

Politiquement, l’unanimité des condamnations, de la mairie PS de Paris à la région présidée par Valérie Pécresse, révèle aussi un malaise.

Les associations alertent depuis des mois sur une recrudescence des agressions LGBTphobes dans l’espace public parisien, souvent le week-end, à la sortie des lieux festifs.

Le profil du suspect, très jeune, né en 2006, sans antécédent, casse l’image de l’agresseur militant et organisé. Il renvoie à une homophobie plus ordinaire, plus diffuse, qui persiste malgré les campagnes de prévention.

Pour FLAG!, l’enjeu est désormais double : obtenir justice pour son président et rappeler que ses membres, policiers et magistrats, sont eux-mêmes exposés.

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