BERLIN, 26 juillet (Le Parisien Matin) – Samedi soir vers 22 heures, une fourgonnette blanche a foncé sur la foule dans le parc du Tiergarten, à quelques centaines de mètres de la porte de Brandebourg et du parcours de la Christopher Street Day, l’une des plus grandes marches des fiertés LGBTQ d’Europe. Le bilan est lourd avec une personne tuée et 29 blessés dont huit grièvement. Les autorités allemandes ont qualifié les faits d’attentat terroriste et lancé une chasse à l’homme.
Un suspect islamiste activement recherché
Dans la nuit, le ministre de l’Intérieur Alexander Dobrindt a livré les premiers éléments. Selon lui, le profil du suspect ne laisse guère de doute sur la nature idéologique de l’attaque. Le jeune homme, né en Allemagne en 2005 et d’origine libanaise, était connu pour des faits de délinquance et pour sa radicalisation au sein de la mouvance islamiste. Le ministre a déclaré devant la presse :
« Tout ce que nous voyons ici indique que nous avons affaire à une attaque terroriste islamiste ».
Le portrait d’un individu sous surveillance
Peu après le drame, la police berlinoise a diffusé un avis de recherche avec photo. Le suspect est identifié comme Abdul B. Il est décrit comme mince, environ 1,90 mètre, cheveux noirs, vu pour la dernière fois avec un haut à capuche noir et un pantalon blanc. Les autorités appellent à collaborer sans tenter de l’interpeller, l’homme étant considéré comme armé et dangereux. Selon des sources, il était sorti de détention pour mineurs il y a deux mois. Il aurait cherché à entrer en contact avec le groupe État islamique, était connu du renseignement intérieur et figurait parmi les centaines de personnes classées comme menaces potentielles, impliquant normalement une surveillance renforcée.
Une scène de chaos près de la porte de Brandebourg
Les circonstances exactes restent à éclaircir, mais la violence du choc a marqué les esprits. Des images de dimanche matin montrent la fourgonnette blanche encastrée dans un arbre, là où elle a terminé sa course. Selon la presse allemande, il s’agirait d’un utilitaire Citroën loué peu avant les faits, dont l’appartement a été perquisitionné. Parmi les blessés, plusieurs présenteraient des plaies à l’arme blanche en plus des traumatismes liés à l’impact. Trois victimes restaient entre la vie et la mort selon les pompiers berlinois. Les enquêteurs n’excluent pas un complice, plusieurs témoins évoquant plus d’une personne s’extrayant du véhicule après la collision.
La Christopher Street Day endeuillée
La Christopher Street Day devait être un moment de fête et de revendication. Chaque année, elle rassemble des centaines de milliers de participants venus défendre les droits des personnes LGBTQ. Après l’attaque, les organisateurs ont annulé tous les événements restants par sécurité et par respect pour les victimes. La décision a plongé la communauté dans la sidération, alors que la marche venait de s’achever. Des rassemblements de solidarité spontanés ont été signalés dans la capitale, où drapeaux arc-en-ciel, bougies et messages de soutien ont été déposés près du Tiergarten.
Un climat politique sous haute tension
L’attentat intervient dans un contexte tendu pour le gouvernement du chancelier Friedrich Merz. Contestée pour son bilan jugé insuffisant, la coalition traverse un remaniement difficile à deux mois d’élections régionales cruciales. Le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne, qui fait campagne sur l’immigration et la sécurité, espère y conquérir pour la première fois la direction d’un exécutif régional et a dénoncé l’extrémisme religieux.
L’Allemagne reste confrontée à des attaques à la voiture bélier ces dernières années. En mai, un homme souffrant de troubles psychiques avait foncé dans une zone piétonne à Leipzig, tuant deux personnes. Le précédent le plus meurtrier remonte à 2016, quand Anis Amri, demandeur d’asile tunisien lié aux djihadistes, avait détourné un camion pour le précipiter sur un marché de Noël berlinois, faisant onze morts avant d’être abattu en Italie.


