PARIS, 31 août (Le Parisien Matin) – Angèle a annoncé une tournée de vingt-trois concerts prévue de mars à novembre 2027 pour défendre son nouvel album Instinct. La chanteuse belge a prévu de se produire en France, en Belgique, dans plusieurs capitales européennes et lors de quatre dates en Amérique du Nord. L’annonce a été faite par son producteur Live Nation.
La tournée la plus ambitieuse à ce jour
Live Nation a indiqué dans un communiqué le lancement au printemps 2027 de cette tournée. Le producteur a présenté les vingt-trois dates comme une étape majeure.
« Ils constituent la plus ambitieuse aventure scénique d’Angèle à ce jour ».
A indiqué Live Nation.
Cinq ans se sont écoulés depuis sa dernière tournée. La chanteuse avait été aperçue rayonnante lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Paris aux côtés du DJ Kavinsky, aujourd’hui décédé. Son retour a marqué une nouvelle phase de sa carrière.
Trois soirs à Paris et les grandes villes françaises
La tournée a débuté à l’Arena de Reims le 3 mars 2027. L’artiste a ensuite pris la direction de Paris, où trois représentations ont été programmées à l’Accor Arena les 8, 9 et 10 mars. En configuration debout, elle a pu espérer s’y produire devant un total de 60 000 spectateurs.
D’autres étapes françaises ont été annoncées. Angèle s’est produite au Stade Pierre Mauroy de Lille, à Strasbourg, à Amnéville, à Nantes et à Montpellier. Le parcours s’est poursuivi à Toulouse, à Bordeaux et à Lyon.
Des salles plus intimistes en Europe
La tournée européenne est passée par l’ING Arena de Bruxelles. En dehors de la France et de la Belgique, l’artiste a opté pour des jauges plus réduites que sur le territoire français.
Elle s’est produite à Barcelone au Sant Jordi Club, qui compte 4 620 places, et à Londres au Roundhouse devant 3 300 spectateurs. À Berlin, le concert a eu lieu au Metropol, d’une capacité de 1 500 personnes. Le trajet a inclus Cologne à l’E-Werk avec 2 000 places, Amsterdam à l’Afas Live avec 6 000 personnes et Lausanne à la Vaudoise Arena.
Quatre dates outre-Atlantique
Quatre dates ont été programmées en Amérique du Nord et au Canada. À Montréal, Angèle s’est produite au Centre Bell, salle habituellement dédiée aux matchs de hockey qui accueille ponctuellement des concerts, dont ceux de Gorillaz. L’enceinte a également été annoncée pour accueillir Aya Nakamura fin octobre, si elle n’a pas annulé au dernier moment.
Aux États-Unis, Live Nation a placé l’artiste dans deux de ses petites salles. À New York, elle a été programmée au Brooklyn Paramount, un ancien cinéma de 1928 d’une capacité de 2 700 places.
À Los Angeles, elle a investi The Wiltern, dont la jauge oscille entre 1 200 et 4 000 spectateurs. Avec les expatriés français, elle a rempli ces salles aussi facilement que Gad Elmaleh et Kev Adams. La question est restée de savoir si le public américain s’est déplacé.
La stratégie a été commentée par la production.
« poursuit l’expansion internationale de sa carrière et confirme sa place parmi les rares artistes francophones capables de réunir un public à travers l’Europe et bien au-delà ».
A estimé Live Nation. « Cela illustre aussi la montée en puissance des artistes francophones sur la scène internationale », a ajouté Live Nation.
Un nouvel album nommé Instinct
Sur scène, la chanteuse belge a défendu son prochain album Instinct, attendu le 16 octobre. Un premier extrait, Une seule vie, a été dévoilé le 28 août. Le titre a laissé entrevoir un disque aux accents électroniques.
Le projet a été décrit comme « construit autour du retour à l’intuition, à cette part de soi qui existe avant les attentes, la performance et le bruit extérieur », a indiqué Live Nation. Concernant le propos, la production a précisé :
« L’album explore les tensions entre contrôle et lâcher-prise, image et réalité, et les multiples versions de nous-mêmes qui émergent lorsque nous cessons de nous conformer à une identité figée ».
Ces différentes influences ont été retranscrites sur scène lors de la tournée.
La scénographie est restée confidentielle jusqu’aux premiers concerts. Les fans ont dû se presser sur la billetterie pour en découvrir les contours.
Une prévente a ouvert le jeudi 3 septembre à 10 heures pour les titulaires de cartes Mastercard. La prévente officielle a été fixée au vendredi 4 septembre à 10 heures. La mise en vente générale a été prévue le samedi 5 septembre à 11 heures.
Le pari américain d’une pop francophone
Cette tournée raconte autre chose qu’un simple retour. Angèle ne cherche plus seulement à remplir des Zéniths en France, elle teste la solidité de son modèle à l’export.
Le choix des salles est éloquent. En France, trois Accor Arena d’affilée et un stade à Lille, c’est le langage du statut acquis. Ailleurs, c’est le langage inverse : Roundhouse à Londres, Metropol à Berlin, E-Werk à Cologne. Des clubs cultes, pas des arenas. C’est une stratégie de reconquête par le bas, celle que les artistes anglo-saxons utilisent pour redevenir crédibles.
Outre-Atlantique, le calcul est encore plus fin. Le Brooklyn Paramount et le Wiltern ne sont pas des paris commerciaux, ce sont des vitrines. 2 700 places à New York, c’est la taille exacte où l’on peut afficher complet sans prendre de risque financier, tout en générant des images de foule dense pour les réseaux.
Live Nation ne lance pas Angèle comme une star américaine, il la positionne comme un produit culturel francophone exportable, au même titre que l’humour de Gad Elmaleh.
Musicalement, Instinct arrive à un moment charnière. Après une pop plus organique, le virage électronique suggéré par Une seule vie n’est pas anodin.
Il fait le lien avec Kavinsky, avec la French Touch entendue aux Jeux, et il permet à Angèle de s’aligner sur les codes sonores qui fonctionnent aujourd’hui à Berlin, Amsterdam ou Los Angeles. Le discours sur l’intuition et les identités multiples colle aussi parfaitement à une époque où les artistes doivent sans cesse se réinventer sans se renier.


