PARIS, 31 août (Le Parisien Matin) – Quatre adolescents âgés de 14 à 17 ans ont été grièvement blessés dimanche vers 21h15 dans un accident de la route survenu sur la départementale 10. Le véhicule, seul en cause, fit plusieurs tonneaux pour une raison encore indéterminée.

Le véhicule circulait sur la RD10, petite route qui relie Saint-André-de-Valborgne, situé à 25 km à l’ouest de Saint-Jean-du-Gard, à la Lozère. Il fit une violente embardée dans des circonstances qui restèrent inconnues.

La voiture effectua plusieurs tonneaux avant de s’immobiliser au milieu de la chaussée. L’état de la carrosserie, fortement déformée, témoigna de la violence du choc subi.

Le dispositif de secours déployé

Les secours furent alertés aux alentours de 21h15 et se rendirent immédiatement sur les lieux. Le Service Départemental d’Incendie et de Secours du Gard déclencha le protocole « échelon routier » selon Objectif Gard, adapté aux accidents graves.

Treize sapeurs-pompiers et cinq véhicules furent engagés sur l’opération, avec l’appui d’une équipe médicale du SMUR. Les équipes procédèrent à la désincarcération et à la stabilisation des victimes sur la chaussée.

Les quatre occupants du véhicule étaient tous de sexe masculin et mineurs. L’un d’entre eux, âgé de 17 ans, fut qualifié de « blessé grave » par les pompiers après les premiers examens sur place.

Il fut stabilisé par le SMUR puis évacué en urgence par hélicoptère vers le CHU de Nîmes, disposant du niveau de prise en charge maximal. Les trois autres victimes furent prises en charge par voie terrestre.

Deux jeunes hommes de 17 ans et un adolescent de 14 ans, dont l’état fut jugé « grave » par les secours, furent transportés par ambulance vers le centre hospitalier d’Alès pour recevoir des soins.

L’enquête confiée à la gendarmerie

La gendarmerie nationale se rendit sur place pour sécuriser l’axe routier et faciliter l’intervention des secours. La circulation fut interrompue le temps des opérations de secours et des constatations.

Des relevés techniques furent réalisés sur la chaussée afin de comprendre la trajectoire du véhicule. L’enquête ouverte chercha à déterminer l’identité du conducteur et les conditions de conduite.

Les enquêteurs s’interrogèrent notamment sur la possession éventuelle du permis de conduire, sur une possible conduite accompagnée, ainsi que sur le rôle de la vitesse ou d’un éventuel obstacle sur la route.

Ce que cet accident dit des routes du nord Gard

Ce drame concentre presque tous les facteurs de risque que les secouristes connaissent sur ce secteur cévenol.

D’abord l’âge. Quatre mineurs, dont un de 14 ans, dans une même voiture à 21h15. La présence d’un passager aussi jeune interroge mécaniquement sur le cadre de ce trajet : déplacement entre hameaux, retour de soirée, voiture empruntée. La loi n’autorise pas la conduite avant 18 ans hors conduite accompagnée, et même en conduite accompagnée, le transport de plusieurs adolescents de nuit reste une configuration à haut risque.

Ensuite la route. La RD10 n’est pas une départementale de plaine. C’est une chaussée étroite, sinueuse, bordée de parapets bas et de fossés, avec très peu d’éclairage.

Les locaux la décrivent comme piégeuse dès que la chaussée est humide ou qu’un animal traverse. Les tonneaux au milieu de la chaussée, et non en contrebas, suggèrent une vitesse non négligeable ou une manœuvre de rattrapage ratée.

Enfin les secours. Le déclenchement immédiat de l’échelon routier et l’engagement de l’hélicoptère montrent que le premier bilan transmis fut d’emblée jugé critique. Dans ces vallées, l’hélicoptère n’est pas un luxe, c’est le seul moyen de rejoindre le plateau technique de Nîmes en moins de trente minutes. Le fait que trois victimes aient dû être orientées vers Alès confirme la pression mise sur le dispositif.

Au-delà de l’enquête, cet accident pose la question récurrente de la mobilité des adolescents en zone rurale isolée, où l’absence de transports en commun le soir pousse à des solutions informelles et dangereuses.

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