PARIS, 28 août (Le Parisien Matin) – Nathanaël de Rincquesen a quitté France Télévisions après 32 ans et a rejoint la radio RCF Notre-Dame. Il y incarna dès le 31 août 2026 une chronique quotidienne de décryptage politique diffusée du lundi au vendredi à 7h38.
Le journaliste de 54 ans fut un visage familier de France 2. Il officia longtemps dans Télématin aux côtés de William Leymergie, où il assura les journaux de la matinale.
Il fut aussi joker des JT de la chaîne et passa par franceinfo. Son départ du groupe public fut acté à la fin de l’été.
Un départ négocié après 32 ans
Nathanaël de Rincquesen s’exprima sur son départ dans TV Mag. Il évoqua une divergence sur son avenir au sein du groupe.
« Le groupe avait une vision différente de la mienne sur mon avenir. On s’est dit que c’était le bon moment pour que nos chemins se séparent intelligemment. Objectivement, on se quitte plutôt en bons termes. Il y a eu une discussion puis une séparation actée des deux côtés. On est tombés d’accord », déclara Nathanaël de Rincquesen.
Il insista sur l’absence d’amertume et revendiqua sa fierté d’avoir porté les couleurs du service public.
« Entendons-nous bien, je suis hyper fier d’avoir porté les couleurs de France Télévisions. J’ai 32 ans de souvenirs, ça fait un paquet de copains ! Forcément, je ne quitte pas cette vie comme ça du jour au lendemain. Mais je n’ai aucune amertume. Je suis curieux de tout. J’ai juste un credo aujourd’hui : je veux aller en souriant au travail et je veux que les gens, quand j’arrive, aient un grand sourire également. Je veux prendre du plaisir. Aujourd’hui, je suis libre. Et je garde un album souvenir de France Télévisions qui est extrêmement riche et fort. Je n’oublierai pas ce que j’y ai vécu » affirma Nathanaël de Rincquesen.
Une antenne chrétienne et généraliste
Il ne rejoignit pas une grande nationale comme France Inter, RTL ou Europe 1. Il opta pour RCF Notre-Dame, réseau issu de la fusion de RCF et Radio Notre-Dame.
La station fut présentée comme un réseau de 65 radios locales diffusé sur 270 fréquences FM, 150 fréquences DAB+ et internet, avec 3 500 salariés et bénévoles.
Son positionnement fut celui d’une radio généraliste qui décrypte le monde à la lumière de l’Évangile, loin du buzz et au cœur du sens.
Une grille renforcée pour l’année électorale
Sa chronique s’inscrivit dans une évolution de grille visant des rendez-vous politiques quotidiens en vue de l’année électorale.
Le concept fut un éclairage politique dans un climat apaisé et audacieux, sous forme de chronique en direct chaque matin.
La direction s’entoura de signatures connues. Christophe Barbier fut programmé à 6h35 et 16h30.
Louis Daufresne assura un rendez-vous quotidien à 9h00. Sophie de Ravinel et Clotilde Brossollet intervinrent le vendredi à 11h00 et 14h30.
En parallèle, le journaliste lança son site officiel à son nom et développa des activités indépendantes.
Il y proposa de la production de podcasts pour marques et institutions, du média training et du conseil aux dirigeants.
Son offre inclut l’animation d’événements comme modérateur de débats et animateur de conférences.
Un transfert qui dit beaucoup du marché actuel
Ce passage de France 2 à RCF Notre-Dame n’est pas anecdotique. Il illustre une tendance lourde : la porosité croissante entre service public historique et médias affinitaires à forte identité.
Pour Nathanaël de Rincquesen, le choix de la radio chrétienne est stratégique. À 54 ans, il quitte un système où les jokers, aussi installés soient-ils, restent dépendants d’une grille surchargée et d’arbitrages internes. Sur RCF, il obtient l’inverse : une case fixe, identifiée, à une heure de forte écoute, avec une liberté de ton que permet une structure plus petite.
Pour RCF Notre-Dame, le recrutement est un coup de crédibilité. En s’offrant un visage connu du grand public, la station accélère sa mue de radio confessionnelle à radio généraliste d’influence.
L’addition de signatures comme Christophe Barbier ou Louis Daufresne montre une volonté claire de peser dans la bataille du décryptage politique, en misant sur l’apaisement plutôt que sur la polarisation. C’est un positionnement anti-buzz qui peut séduire un auditoire lassé des chaînes d’info en continu.
Enfin, le modèle multi-activités qu’il développe – podcasts, média training, animation – est devenu la norme pour les journalistes seniors qui quittent les grands groupes. La notoriété télé devient un capital converti en offres de services B2B, beaucoup plus rémunératrices que la simple pige. Ce n’est pas une reconversion, c’est une diversification assumée.


