26 juillet (Le Parisien Matin) – A Ciego de Avila, au centre de Cuba, le président Miguel Diaz-Canel a lancé dimanche une charge virulente contre les Etats-Unis, qualifiant l’embargo pétrolier et le durcissement des sanctions imposés par l’administration de Donald Trump de génocide politique. L’intervention, prononcée à l’aube devant des milliers de partisans, s’inscrivait dans les célébrations du 73e anniversaire de l’assaut de la caserne Moncada, acte fondateur de la Révolution.
Une réponse frontale aux accusations américaines
Le chef de l’Etat réagissait à un rapport du Département d’Etat qui accuse La Havane d’avoir infiltré les institutions américaines et de soutenir une vague inédite de terrorisme de gauche sur le sol américain. Selon lui, cette rhétorique vise à détourner l’attention des difficultés internes aux Etats-Unis et à justifier une politique d’asphyxie contre l’île.
Le président estime que Washington instrumentalise Cuba pour des raisons de politique intérieure. Il a déclaré :
« En accusant Cuba, ils ne cherchent pas seulement un bouc émissaire, un agent extérieur. Ils cherchent à qui faire porter la faute des protestations des secteurs les plus touchés par une économie qui rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres ».
L’administration Trump a multiplié ces derniers mois les attaques contre les mouvements de gauche sur le territoire américain. Pour La Havane, cette offensive a besoin d’un ennemi extérieur pour légitimer son agenda et maintenir la pression maximale.
Une île plongée dans une crise historique
Le discours intervient alors que Cuba traverse sa pire crise économique depuis des décennies, aggravée par l’embargo pétrolier et les sanctions américaines. Les coupures d’électricité tournantes sont quotidiennes et les pénuries de carburant paralysent le pays.
Plusieurs effondrements du réseau national ont plongé l’île dans le noir ces derniers mois. Les transports publics sont à l’arrêt dans de nombreuses provinces, l’année scolaire a été écourtée faute de carburant et plusieurs entreprises étrangères, notamment dans le tourisme et la finance, ont cessé leurs activités.
Washington attribue cette situation à une mauvaise gestion du gouvernement et à l’absence d’investissements dans des infrastructures vieillissantes. La Havane dénonce une guerre économique délibérée qui frappe la population et vise à provoquer un changement de régime par l’épuisement.
Le 26 juillet, symbole intact de la Révolution
Le 26 juillet reste la date la plus importante du calendrier révolutionnaire cubain. Elle commémore la première offensive menée en 1953 par les guérilleros de Fidel Castro contre l’armée du dirigeant soutenu par les Etats-Unis, Fulgencio Batista. Une attaque vouée à l’échec, mais qui a lancé une rébellion ayant abouti à la chute du régime plus de cinq ans plus tard.
La cérémonie a rassemblé des milliers de partisans autour de discours officiels et de spectacles artistiques. Dans son allocution finale, Miguel Diaz-Canel a appelé à la levée des sanctions et au respect de la souveraineté cubaine, tout en remerciant les organisations internationales qui ont envoyé de l’aide humanitaire.
Le dirigeant a assuré que Cuba ne représente une menace pour aucun pays et a demandé que l’île puisse vivre en paix, en lançant un appel à la partie la plus noble du peuple américain, celle qui s’est historiquement battue pour les droits humains au prix de persécutions et de risques personnels.


