MONTRIOND, 28 août (Le Parisien Matin) – Un homme de 58 ans a perdu la vie mercredi 26 août lors d’une sortie en VTT électrique sur les hauteurs de la commune de Montriond (Haute-Savoie). Il a chuté sur un chemin piéton strictement interdit aux vélos, devant son épouse qui le suivait.

L’hélicoptère de la sécurité civile Dragon 74 est intervenu à 13 heures. Le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) s’est rendu sur place.

À l’arrivée des secours, la victime était déjà décédée. Aucun soin n’a pu lui être prodigué. Son corps a été retrouvé une centaine de mètres en contrebas du sentier.

Un drame sous les yeux de son épouse

Selon les premiers éléments recueillis par les gendarmes, le quinquagénaire a voulu s’arrêter à l’approche d’un passage dangereux.

Il a perdu l’équilibre lors de la manœuvre et a basculé dans le vide. Son épouse, qui circulait derrière lui à vélo, a assisté à la scène.

Elle a été hospitalisée en état de choc. L’accident s’est produit sur le sentier reliant le lieu-dit La Barme à Ardent.

La municipalité a précisé que le sentier était strictement interdit aux VTT. L’interdiction est signalée par un panneau à l’entrée du chemin.

À l’endroit de la chute, le sentier se rétrécit fortement au-dessus du vide. Des chaînes ont été installées par la commune pour permettre aux piétons de se tenir.

Le PGHM a rappelé que les VTT électriques, plus lourds, augmentent l’inertie et compliquent les manœuvres d’arrêt en terrain étroit. Les sentiers piétons ne sont pas conçus pour la vitesse des vélos de descente.

Une recrudescence d’accidents en montagne

Ces accidents se multiplient chaque été en montagne. Le département des Hautes-Pyrénées et ses partenaires ont lancé une campagne de prévention.

Deux dépliants ont été édités. Le premier décline les 7 règles d’or du vélo en montagne, le second distingue trois pratiques : crosseux, enduriste et rider.

Ils ont été tirés à 30 000 et 15 000 exemplaires et distribués dans les offices de tourisme. « L’accidentologie, la mortalité peut-être évitable » soulignait alors Fabien Tuleu.

Le piège des sentiers détournés

Ce drame de Montriond n’est pas un simple fait divers. Il révèle une fracture qui s’agrandit chaque été dans les Alpes.

D’un côté, l’explosion du VTT à assistance électrique. Des engins de 25 kilos qui permettent à des pratiquants non aguerris d’accéder à des altitudes autrefois réservées aux sportifs confirmés. De l’autre, un réseau de sentiers pédestres centenaires, jamais pensé pour supporter 120 kilos lancés à 25 km/h.

Le cas de La Barme à Ardent est emblématique. Un panneau d’interdiction existe, mais il ne suffit plus. Sur le terrain, les applications de tracés communautaires comme Strava ou Komoot référencent parfois ces sentiers comme des singles ludiques. L’interdit réglementaire se heurte à la viralité numérique.

Les communes se retrouvent en première ligne. Installer des chaînes pour sécuriser les piétons, c’est reconnaître que le moindre faux pas est mortel. Laisser ces portions ouvertes sans contrôle physique, c’est parier sur la discipline de chacun.

La campagne des Hautes-Pyrénées citée par les autorités a le mérite de segmenter les pratiques. Parler de crosseux, d’enduriste et de rider, c’est enfin admettre qu’un vététiste n’est plus un seul profil. La prévention doit désormais être aussi technique que les vélos eux-mêmes, avec un rappel simple : un sentier interdit n’est pas une contrainte administrative, c’est une limite physique.

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