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PARIS, 1er septembre (Le Parisien Matin) – Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé ce mardi sur franceinfo tv vouloir proposer une révision de la majoration de pension de 10 % attribuée aux pères de trois enfants et plus dans le projet de budget de la Sécurité sociale 2027, afin d’égaliser les droits familiaux.

Une majoration jugée inégalitaire

Le ministre a indiqué qu’il « est en train de regarder » la majoration de 10 % pour les parents d’au moins trois enfants, qui globalement bénéficie plus aux hommes, a-t-il expliqué.

« Comme la pension des hommes est supérieure à la pension des femmes en moyenne, en fait un enfant rapporte plus pour un homme que pour une femme. Ce n’est pas normal ».

A déclaré Jean-Pierre Farandou.

« Je suis en train de travailler un texte dans le cadre du budget pour égaliser ces droits familiaux entre les femmes et les hommes ».

A-t-il ajouté, sans préciser ce qu’il en serait pour les femmes.

Le dispositif actuel attribue un taux identique aux pères et aux mères de familles nombreuses. Le bonus en euros reste mécaniquement plus élevé pour les hommes, dont la pension moyenne est supérieure.

Ainsi, pour 2 500 euros de pension, un homme perçoit 250 euros de bonus, contre 150 euros pour une femme à 1 500 euros de pension.

La piste étudiée consisterait à remplacer ce pourcentage par un montant forfaitaire fixe par enfant, identique pour les deux parents.

Des travaux préparatoires ont évoqué un forfait de 125 euros par mois, qui favoriserait les petites pensions.

Un retraité à 1 000 euros passerait de 100 à 125 euros de majoration. Un cadre à 3 000 euros verrait la sienne chuter de 300 à 125 euros.

L’idée s’appuie sur un rapport commandé par le Premier ministre Sébastien Lecornu à l’Inspection générale des finances et à l’Inspection générale des affaires sociales pour identifier des économies.

Le document proposa de mettre fin à la bonification proportionnelle. Selon la DREES, le dispositif coûte environ 8,4 milliards d’euros par an.

Son remplacement permettrait d’économiser 1,1 milliard d’euros sur dix ans, selon les estimations avancées.

Désindexation et baisse de cotisations en débat

Interrogé sur une désindexation des pensions pour réduire le déficit, le ministre a estimé que « rien n’était tranché, rien n’était arrêté ».

« Cette thématique sera certainement débattue au Parlement ».

A-t-il indiqué, précisant que

« les modalités ne sont pas calées ».

Il s’est montré réservé sur la proposition de rapprocher salaire brut et net en baissant les cotisations, avancée par Édouard Philippe.

« Tout le monde y va ».

A ironisé Jean-Pierre Farandou.

« salaire brut, salaire net, c’est l’argent magique, on a trouvé, il n’y a qu’à baisser les cotisations… ».

A-t-il lancé.

« ce n’est pas si simple de réduire les cotisations, il faut regarder tout cela avec beaucoup d’attention. Et de toute façon, il faudra bien trouver qui paye par la fiscalité l’équivalent des sommes qu’on aura réduites ».

A-t-il poursuivi.

Une baisse de deux points représenterait 30 euros net par mois pour un salarié au smic. Financée par une hausse de TVA, elle entraînerait 10 à 15 euros de dépenses supplémentaires.

« Donc on voit bien qu’il n’y a pas d’argent magique, ce sont des masses (financières) considérables ».

A conclu Jean-Pierre Farandou.

Au-delà de l’annonce technique, le dossier choisi par Jean-Pierre Farandou est éminemment politique. En s’attaquant à la majoration de 10 %, le gouvernement ouvre deux fronts à la fois : celui de l’égalité femmes-hommes, argument difficilement contestable dans l’opinion, et celui des économies budgétaires, beaucoup plus sensible pour les familles.

Le symbole est habile. Dire qu’« un enfant rapporte plus pour un homme » heurte le sens commun et offre une justification morale à une réforme qui, sur le plan comptable, est surtout une mesure de rendement. Car derrière la correction de l’inégalité se cache un basculement de philosophie.

Depuis 1945, les droits familiaux de retraite sont une reconnaissance du service rendu à la Nation : avoir élevé trois enfants. Ils ne sont pas calculés en fonction du besoin, mais du revenu. Passer au forfait, c’est transformer une récompense proportionnelle en aide forfaitaire, donc sociale.

C’est là que le bât blesse pour les classes moyennes. Les perdants ne seront pas les plus aisés au sens patrimonial, mais les cadres et professions intermédiaires dont la pension dépasse 1 250 euros.

Soit le cœur de l’électorat des familles nombreuses, que l’association Familles de France défend déjà. L’exécutif devra expliquer pourquoi la solidarité nationale passe désormais par une baisse de pension pour ceux qui ont cotisé le plus longtemps.

Enfin, le calendrier interroge. Cette révision arrive alors qu’un autre correctif vient d’entrer en vigueur pour les mères, avec le passage aux 24 puis 23 meilleures années.

Empiler deux réformes aux logiques différentes – l’une qui relève les pensions des femmes, l’autre qui écrête celles des hommes – pourrait brouiller le message et alimenter l’idée d’une réforme faite par ajustements successifs, sans cap d’ensemble sur la natalité.

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