mercredi, 2 septembre Magazine

BORDEAUX, 1er septembre (Le Parisien Matin) – Le président de l’Union Bordeaux-Bègles Laurent Marti a répondu à la polémique sur la hausse des abonnements dans l’émission 100 % UBB sur Ici Gironde. Visé par des critiques sur les réseaux sociaux après l’annonce des nouveaux tarifs, il a défendu ses choix et a jugé les attaques injustes au regard des résultats sportifs et des investissements réalisés.

Le plus cher des abonnements le moins cher

Le dirigeant est revenu sur le chiffre qui a alimenté le débat. Il a rappelé que l’abonnement le moins cher était passé de 110 à 140 euros pour 15 rencontres. Laurent Marti a déclaré :

« Ça veut dire que l’on est passé de 110 € à 140 € pour 15 matchs, soit moins de 10 € le match, dont 2 matchs au Stade Atlantique ».

Selon lui, cet abonnement restait le moins cher de France hors pesage. Il a ajouté :

« Vous savez que ce même abonnement qui a fait le buzz, qui a été attaqué, a été reconnu comme abonnement le moins cher de France ».

Une politique de catégories assumée

Le second point concernait la revalorisation de certaines places. Le club a fait basculer des emplacements jugés de qualité vers des catégories supérieures. Laurent Marti a expliqué :

« Oui, il y a eu des changements de catégories, qui ont été décidés par le club parce que, finalement, c’était des emplacements de qualité dans le stade, et ils ont basculé du côté plus cher plutôt que du moins cher ».

Il a justifié cette décision par un souci d’équité entre abonnés. Il a cité les classements publiés par L’Équipe et Rugbyrama qui plaçaient l’UBB comme le sixième abonnement le moins cher du Top 14.

Il a déploré la manière dont la polémique a été entretenue en ligne. Laurent Marti a affirmé

: « Il y a eu deux sujets. Le premier est magnifique, vous savez aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, certains essayent de se faire mousser grâce à l’UBB et mettent les messages qu’ils veulent bien mettre pour faire du buzz ».

Il a conclu sur ce volet :

« Je trouve que ça a été une attaque tout à fait injuste et ça m’a touché ».

La fin de l’agrément des United BB

L’entretien a également porté sur la rupture avec le groupe de supporters historique United BB. Le président a évoqué une altercation initiale entre stadiers et membres du groupe à Chaban-Delmas, sans désigner de responsable faute de témoins directs. La situation a dégénéré lors de l’intervention des forces de l’ordre.

Laurent Marti a indiqué que des membres influents du bureau avaient agressé deux policiers. Il a déclaré :

« Quand on agresse des policiers […], je prends des sanctions fermes et dures. Ce n’est pas l’United BB qui est important […], c’est l’institution UBB ».

Les personnes impliquées ont été signalées à la préfecture en vue d’interdictions de stade, tandis que les adhérents non concernés ont été réabonnés sous contrôle direct du club.

Le président a adressé un message à son effectif. Il a prévenu qu’il pourrait se séparer de joueurs privilégiant leur préparation individuelle pour le XV de France au détriment des résultats de l’UBB.

Cette mise au point faisait suite à une fin de saison dernière marquée par un sacre européen puis une élimination dès les portes des phases finales du Top 14 face à Clermont.

Concernant l’infrastructure, il a reconnu l’absence de solution miracle pour le stade Chaban-Delmas, jugé vieillissant et trop petit. Le club a prévu de délocaliser au moins deux à trois affiches au Matmut Atlantique pour augmenter les recettes.

Ce que dit vraiment la sortie de Laurent Marti

Au-delà de la défense comptable, la prise de parole de Laurent Marti révèle trois fractures que l’UBB va devoir gérer cette saison.

D’abord, une erreur de communication. En annonçant une hausse de 27% sans détailler immédiatement la nouvelle cartographie des catégories, le club a laissé le terrain libre au récit le plus simple : celui du prix qui explose.

Le chiffre de 140 euros reste objectivement bas pour le Top 14, surtout avec deux délocalisations au Matmut Atlantique incluses, mais dans l’économie de l’attention des réseaux sociaux, un pourcentage frappe plus qu’un prix absolu. Marti l’a compris et tente désormais de reprendre la main en citant L’Équipe et Rugbyrama.

Ensuite, le dossier United BB marque un tournant institutionnel. Bordeaux-Bègles a longtemps cultivé l’image d’un club proche de ses groupes de supporters.

Le retrait d’agrément, justifié par l’agression de deux policiers, n’est pas une simple sanction disciplinaire. C’est un signal envoyé à tout l’écosystème : l’institution prime sur l’histoire.

En réabonnant individuellement les membres non impliqués, Marti évite la punition collective tout en reprenant le contrôle direct de l’animation en tribunes. Le risque est de créer un vide d’ambiance à Chaban, où les United structuraient les chants depuis des années.

Enfin, le message aux joueurs en dit long sur le nouveau plafond de verre de l’UBB. Double champion d’Europe, le club n’est plus un outsider mais un favori qui doit enchaîner.

La sortie sur les préparations individuelles visant le XV de France est une façon de dire que la priorité n’est plus de produire des internationaux, mais de convertir la domination européenne en titre national.

Et le rappel sur Chaban-Delmas, sans solution miracle, confirme que le modèle économique reste fragile : sans stade moderne de 35 000 places à Bordeaux, l’UBB devra continuer à jongler entre un Chaban à guichets fermés et un Matmut qu’il faut remplir pour financer l’effectif.

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