mercredi, 2 septembre Magazine

SAINT-CYPRIEN, 1er septembre (Le Parisien Matin) – Deux personnes sont décédées et cinq autres ont été blessées mardi matin dans un accident de bouée tractée au large de la plage des Capellans à Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales). Le bateau tracteur a percuté sa propre bouée après l’éjection de son pilote.

Le drame fit deux morts, le pilote de l’embarcation et une femme installée sur la bouée. Une troisième victime fut placée en urgence absolue, les quatre autres furent blessés ou déclarés « choquées », selon Jérôme Bourrier. Les sept personnes impliquées participaient à une sortie de loisirs organisée.

Le procureur de Perpignan confirma l’ouverture d’une enquête.

« Pour l’instant, l’enquête est ouverte pour homicide involontaire mais nous disposons de peu d’éléments sur les faits en l’état ».

déclara Jérôme Bourrier.

Le bateau devenu fou

Le bateau effectuait un large virage à vive allure quand le pilote fut éjecté pour une raison inconnue. Il tractait six personnes sur une bouée gonflable.

« Il semblerait que le bateau ait été déséquilibré par les vagues générées et que le pilote ait été éjecté; le bateau serait devenu fou en faisant des cercles, passant sur la bouée et percutant les victimes ».

Expliqua Jérôme Bourrier. Il ajouta que,

« tous ces éléments doivent pour l’instant être pris avec prudence ».

« Le pilote a été heurté par l’hélice du bateau et a coulé à pic. Dans un premier temps, il a été porté disparu, avant que son corps ne soit retrouvé ».

Précisa une source proche du dossier.

Sans pilote, l’embarcation continua sa course. « Le bateau sans son pilote a poursuivi son virage et est venu heurter la bouée qu’il tractait, tuant une femme et blessant grièvement un homme au bras et à la jambe », ajouta cette même source.

L’accident survint au niveau du poste de secours numéro 4, entre les Capellans et le Pont-Tournant. Une vingtaine de sapeurs-pompiers, la brigade nautique et des sauveteurs aquatiques furent dépêchés.

L’hélicoptère Dragon 66 fut mobilisé pour évacuer le blessé grave vers l’hôpital de Perpignan. Le corps du pilote, d’abord porté disparu, fut repêché en mer.

La brigade nautique et la brigade de recherches maritimes de Marseille furent saisies. Les enquêteurs vérifient le coupe-circuit automatique et les conditions de sécurité de la sortie.

Les failles d’une activité estivale peu encadrée

Ce drame de Saint-Cyprien remet en lumière une activité que beaucoup perçoivent comme anodine. La bouée tractée est vendue comme un loisir familial, accessible sans permis pour les passagers, mais elle repose entièrement sur un seul maillon : le pilote. Quand celui-ci est éjecté, tout s’effondre.

Le premier point d’interrogation porte sur le coupe-circuit. Ce cordon, accroché au poignet ou à la jambe, est censé couper le moteur instantanément.

Son absence, son mauvais branchement ou une défaillance technique expliquerait pourquoi le bateau a continué à tourner en cercles. Dans les bases nautiques du littoral, les contrôles sont inégaux et les bateaux enchaînent les rotations tout l’été à pleine charge.

Le second point est la vitesse et la manoeuvre. Un virage large à vive allure avec six personnes tractées génère des vagues de sillage importantes.

Le bateau peut se déséquilibrer, surtout si la mer est formée en fin de matinée. La réglementation impose une distance de 300 mètres et une surveillance, mais pas de limite stricte de passagers sur la bouée.

Enfin, il y a la question de la formation. Contrairement au parachute ascensionnel ou au jet-ski, la bouée tractée ne nécessite pas de qualification spécifique au-delà du permis côtier pour le pilote. Peu de prestataires imposent le port du casque ou d’un gilet à impact.

L’accident survient au moment de la rentrée, quand les plages se vident et que la vigilance baisse. Il pourrait accélérer une réflexion déjà engagée par les Affaires maritimes sur l’obligation du coupe-circuit vérifié quotidiennement et sur la limitation à trois ou quatre personnes par bouée.

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