mercredi, 2 septembre Magazine

CONCOURSON-SUR-LAYON, 1er septembre (Le Parisien Matin) – Une voiture et un poids lourd sont entrés en collision avant 7 h ce mardi au rond-point des Rochettes, jonction de la RD 960 et de la rue Nationale. Le choc a fait un mort, un homme de 60 ans éjecté, et quatre blessés.

La berline circulait de Cholet vers Doué-en-Anjou avec cinq occupants de nationalité marocaine. Elle ne s’est pas insérée sur l’anneau et a percuté un camion à l’arrêt à un « cédez-le-passage ». L’impact a projeté la voiture dans un champ, à 30 ou 40 mètres du point de choc. Les forces de l’ordre ont confirmé une vitesse élevée à l’approche.

Un giratoire jugé dangereux

Mis en service quelques mois avant l’inauguration du contournement le 30 juin, le giratoire était déjà considéré à risque. L’ancien maire Alexandre Dutertre a pointé une butte trop haute. Il a expliqué qu’« une butte de terre trop haute obstrue la vue des automobilistes qui approchent du rond-point », selon Alexandre Dutertre. Il a rappelé que plusieurs véhicules avaient déjà traversé l’anneau « tout droit », selon Alexandre Dutertre.

L’ex-édile a affirmé avoir alerté deux fois par courriel les services du Département. Il lui a été répondu que le site n’était pas jugé dangereux et qu’aucune modification ne serait étudiée à moins que des accidents surviennent. La Chambre d’agriculture avait aussi signalé un trottoir mal conçu gênant le passage des engins agricoles.

Le conducteur a survécu et a évoqué un problème technique l’empêchant de freiner. Le parquet de Saumur a indiqué que les dépistages d’alcoolémie et de stupéfiants s’étaient révélés négatifs. Une autopsie de la victime a été demandée pour apporter des précisions médicales au dossier.

L’actuel maire Bruno Billy doit rencontrer les services du Département la semaine prochaine pour évoquer en urgence la sécurisation du secteur. Le 30 août, deux jours plus tôt, une motarde avait déjà été blessée lors d’une collision dans le centre-bourg.

Un drame prévisible qui interroge la doctrine d’aménagement

Ce qui frappe dans l’accident de Concourson-sur-Layon, ce n’est pas seulement sa violence, c’est son caractère annoncé. On a là le cas d’école du point noir créé de toutes pièces : un giratoire neuf, intégré à un contournement flambant neuf, mais qui cumule déjà deux défauts que les manuels de sécurité routière proscrivent.

D’abord, la géométrie. Une approche trop rectiligne depuis Cholet qui incite à maintenir la vitesse, couplée à un anneau dont le centre est masqué par une butte paysagère. Résultat : l’effet de rupture visuelle, essentiel pour faire ralentir, disparaît. Les automobilistes arrivent vite et découvrent tard l’obstacle. Que plusieurs véhicules aient déjà coupé « tout droit » n’est pas anecdotique, c’est un indicateur d’un défaut de lisibilité.

Ensuite, la réponse administrative. La formule prêtée au Département – pas dangereux tant qu’il n’y a pas d’accident – illustre une culture de la réaction plutôt que de la prévention.

Les alertes de l’ancien maire et de la Chambre d’agriculture n’étaient pas des caprices d’élus locaux. Un trottoir qui bloque les engins agricoles, c’est le signe qu’un giratoire pensé pour des voitures a été posé sur un axe agricole et poids lourd sans gabarit réel.

Enfin, le contexte local. Deux accidents en trois jours sur la même commune, dont un dans le centre-bourg, dessinent une zone sous pression depuis l’ouverture du contournement. Le report de trafic a changé les vitesses et les usages plus vite que la signalisation.

La rencontre prévue par Bruno Billy ne pourra pas se contenter d’un élagage de la butte ou d’un panneau supplémentaire. Il faudra revoir la déflexion en entrée, abaisser le merlon central et retravailler les bordures. Autrement, ce rond-point restera ce qu’il est déjà devenu aux yeux des habitants : un piège.

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