MARSEILLE, 8 septembre (Le Parisien Matin) – Le député La France insoumise Sébastien Delogu a cessé de verser les pensions alimentaires de ses deux enfants depuis mars 2025, selon Mediapart. L’article publié lundi 7 septembre au soir s’appuya sur l’enquête ouverte par le parquet de Marseille pour abandon de famille, après une plainte de son ancienne compagne qui assure leur garde depuis le début des années 2020.

Une enquête pour abandon de famille

L’enquête fit suite à la plainte de l’ex-compagne de l’élu, mère d’une fille de 13 ans et d’un garçon de 15 ans. Le parquet de Marseille ouvrit une procédure pour abandon de famille, entre autres chefs.

Les faits portèrent sur le non-paiement d’une obligation alimentaire de 1200 euros par mois, réévaluée selon les revenus. Le manquement s’étendit sur plus d’un an.

Selon Mediapart, le député ne s’acquitta plus de cette obligation depuis mars 2025. Le total des sommes non versées s’éleva à 19 800 euros.

Ce montant correspondit à seize mois d’arriérés. L’information fut rendue publique alors que l’élu reste l’un des fidèles lieutenants de Jean-Luc Mélenchon.

La justification des difficultés financières

Sébastien Delogu ne nia pas les manquements. Il les justifia auprès de Mediapart par des « difficultés financières. », selon Sébastien Delogu.

Malgré une indemnité de 6000 euros mensuels, son salaire fut amputé de saisies liées à des amendes passées. Ces retenues représentèrent entre 1646 et 1803 euros selon les mois.

Il affirma avoir engagé une procédure pour faire réviser la pension à la baisse. Il déclara qu’il réglera ces sommes,

« le jour où on ex-compagne respectera ses droits, car elle ne lui laisse pas voir es enfants. »

Selon Sébastien Delogu.[s]

Pourtant, il affirma aux enquêteurs le 26 août dernier renoncer à son droit de visite pour la « stabilité » de ses enfants.

L’affaire souligna un décalage avec les engagements féministes de LFI. Le mouvement fit de la lutte contre le patriarcat un axe prioritaire de son projet.

En novembre 2025, deux députées déposèrent une proposition de loi pour défiscaliser les pensions alimentaires. Le but fut de « Lutter concrètement contre la précarité des familles monoparentales », selon Sophia Chikirou et Mathilde Panot.

Le texte visait à soutenir les « mamans solos ». Le non-paiement par un élu du groupe fragilisa ce positionnement.

Ce que cette affaire dit vraiment

Au-delà du fait divers judiciaire, cette affaire touche un nerf politique très précis pour La France insoumise. Depuis 2022, le mouvement a construit une partie de sa crédibilité morale sur un discours d’intransigeance féministe, assumant des exclusions internes rapides et des propositions législatives très ciblées sur les familles monoparentales. Qu’un de ses visages les plus médiatiques à Marseille se retrouve visé pour abandon de famille crée une dissonance que l’adversaire politique n’a pas manqué de relever.

La défense invoquée par Sébastien Delogu éclaire aussi la fragilité financière paradoxale des élus issus des classes populaires, que LFI revendique. Entre indemnité brute affichée à 6000 euros et reste à vivre réel amputé de saisies, l’argument des « difficultés financières » peut paraître inaudible pour l’opinion, mais il pose la question taboue de la gestion des dettes et condamnations antérieures chez des parlementaires.

Enfin, la contradiction entre la condition posée – payer quand le droit de visite sera respecté – et le renoncement déclaré devant les enquêteurs au nom de la « stabilité » des enfants, illustre toute l’ambiguïté de ces dossiers où s’entremêlent droit privé et exposition publique. C’est précisément ce que Jean-Luc Mélenchon résumait par sa formule « tout est politique » : une procédure familiale privée devient, pour un député, un test de cohérence politique.

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