CASSAIGNE, 30 août (Le Parisien Matin) – Un adolescent de 17 ans a été gravement brûlé sur 80 % de son corps dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 août à Cassaigne, dans le Gers, après s’être volontairement aspergé d’alcool à brûler puis avoir été enflammé par un ami pour sauter dans une piscine.

Un défi réalisé « Pour s’amuser »

Les faits se sont déroulés vers 2 heures du matin lors d’une soirée alcoolisée organisée dans une maison privée. Plusieurs jeunes âgés de 17 à 18 ans étaient présents.

La propriété où s’est déroulée la fête se situe près de Condom, dans une zone pavillonnaire isolée.

Selon les premiers témoignages, le jeune homme a lui-même versé le liquide inflammable sur son corps. Il a donné son accord explicite pour que l’un de ses amis l’allume avec un briquet, pensant éteindre les flammes en plongeant dans l’eau. Il comptait le faire « Pour s’amuser », a expliqué France 3 Occitanie.

L’alcool à brûler a continué de se consumer à la surface de la piscine, provoquant un choc thermique et des brûlures critiques. La victime a réussi à ressortir seule de l’eau.

Les secours n’ont été alertés qu’autour de 2 h 30, soit près de trente minutes après les faits. Le temps que les participants réalisent la gravité de l’état du jeune homme.

Les sapeurs-pompiers et le SMUR sont intervenus pour prodiguer les premiers soins d’urgence. Brûlé au second degré sur 80 % du corps, selon la Dépêche du Midi, il a été transporté au centre hospitalier d’Auch. Son pronostic vital est resté extrêmement engagé.

Enquête confiée aux gendarmes de Condom

Le parquet d’Auch a été immédiatement saisi. Les gendarmes de la communauté de brigades de Condom ont procédé aux auditions de l’ensemble des participants à la soirée.

L’enquête devra déterminer les responsabilités de l’ami ayant actionné le briquet, qui pourrait être poursuivi pour blessures involontaires ou mise en danger de la vie d’autrui. Les enquêteurs examinent également une éventuelle défaillance des autres convives pour non-assistance à personne en danger.

Ce drame de Cassaigne illustre une faille de perception que les secouristes rencontrent régulièrement : la conviction qu’un geste spectaculaire reste contrôlable parce que l’eau est à proximité.

Sur le plan physique, l’erreur est totale. L’alcool à brûler est moins dense que l’eau, il flotte et continue de brûler en surface. Le plongeon n’éteint rien, il étale le combustible sur une plus grande surface de peau et ajoute un choc thermique brutal. Le corps, déjà agressé par la flamme, subit alors une seconde agression.

Sur le plan humain, on retrouve les ingrédients classiques des accidents festifs chez les mineurs : une soirée alcoolisée, un groupe soudé, une surenchère pour impressionner. Le consentement du jeune homme ne retire rien à la dangerosité.

A 17 ans, la notion de risque est souvent évaluée à l’aune du regard des autres, pas des conséquences médicales. Le délai de trente minutes avant l’appel aux secours en dit long sur la sidération du groupe et sur l’absence de réflexe d’alerte.

Judiciairement, l’affaire va poser la question de la frontière entre jeu consenti et mise en danger. L’ami qui a allumé n’est pas un agresseur au sens classique, mais la loi sur les blessures involontaires et la non-assistance à personne en danger a précisément été conçue pour ces situations où l’amusement devient faute.

Pour les parents et les établissements scolaires du Gers, l’enjeu est désormais préventif : rappeler que les produits du quotidien, comme l’alcool à brûler, sont des accélérants redoutables, et qu’aucune piscine ne constitue un filet de sécurité.

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