BERLIN, 9 juillet (Le Parisien Matin) –Le gouvernement allemand a officiellement annoncé l’acquisition de missiles de croisière subsoniques Tomahawk et de lanceurs terrestres Typhon auprès des États-Unis. Cette décision, annoncée par le chancelier Friedrich Merz en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, marque un tournant majeur dans la politique de défense nationale, visant à établir une capacité de frappe souveraine à longue portée.
Ce contrat, finalisé après des négociations intensives, intervient dans un contexte de reconfiguration des forces alliées en Europe. Le projet fait suite à l’annonce du président américain Donald Trump en mai dernier, prévoyant une réduction de la présence militaire des États-Unis en Allemagne. Cette décision avait initialement annulé les plans de l’administration précédente concernant le déploiement d’un bataillon américain équipé de missiles Tomahawk sur le sol allemand.
En optant pour l’achat direct de ces technologies, Berlin répond aux attentes exprimées par Washington, incitant les alliés européens à prendre davantage en charge leur propre sécurité par l’acquisition d’équipements de défense américains. Ce choix permet également de combler une lacune capacitatoire importante, le missile Taurus de conception allemande affichant une portée d’environ 500 kilomètres, nettement inférieure à celle du Tomahawk.
L’acquisition de ce matériel est présentée par les autorités allemandes comme une solution temporaire, destinée à assurer la dissuasion régionale face aux menaces, notamment contre les missiles Iskander russes stationnés à Kaliningrad. Toutefois, l’objectif à long terme demeure le développement de systèmes européens souverains.
« Nous comblons une lacune critique dans notre défense tout en travaillant simultanément à développer nos propres systèmes européens pour les déployer sur le continent », a déclaré le chancelier Friedrich Merz devant les parlementaires.
Avec cet accord, l’Allemagne devient le premier client étranger du système Typhon. Ce dispositif est actuellement la seule plateforme opérationnelle permettant de lancer les missiles Raytheon BGM-109 Tomahawk depuis le sol. Bien que le volume précis de la commande soit classé secret défense, plusieurs sources évoquent une cible potentielle de 400 missiles et trois lanceurs.
Le calendrier de mise en œuvre est rapide. Une lettre d’intention a été signée par les deux parties le mardi 7 juillet, et Washington s’est engagé à délivrer les autorisations d’exportation formelles dès le mois d’août 2026. Cette étape marquera le début concret de l’intégration de ces vecteurs dans l’arsenal allemand, renforçant ainsi la posture défensive du pays tout en préparant la transition vers des capacités indigènes futures.


