LONDRES, 28 août (Le Parisien Matin) – Billy Blanchard, 15 ans, fils de Philippe Katerine et de Julie Depardieu, a fait sensation en posant en robe rose et talons hauts en couverture du magazine britannique Dazed pour son numéro d’automne.
L’adolescent, né en juin 2011, y a affiché un style androgyne assumé, s’éloignant de la carrière cinématographique et musicale de ses parents pour s’affirmer dans la mode.
Une couverture signée Harley Weir
Le shooting a été réalisé par la photographe Harley Weir. Billy y portait une création haute couture rose de la maison Balenciaga, associée à des talons aiguilles métallisés, dans un univers décrit comme à la fois poétique et provocateur.
Dans l’interview accordée au magazine, il a défini sa démarche.
« La mode n’a pas de genre, c’est juste une autre façon de jouer la comédie ».
A confié Billy Blanchard.
Philippe Katerine et Julie Depardieu, parents de deux garçons, Billy et Alfred, ont soutenu la démarche de leur aîné. Si Alfred est resté discret et est rarement apparu en public, Billy a hérité du côté excentrique de son père et de l’humour décalé de sa mère.
Interrogé sur RTL, le chanteur, remarqué en Schtroumpf bleu lors des JO de Paris 2024, a réagi avec humour.
« Il a beaucoup plus de grâce que moi en talons. C’est un artiste libre, et c’est tout ce qu’on lui demande ».
A déclaré Philippe Katerine.
Un habitué des podiums parisiens
Cette couverture n’a pas constitué une première incursion dans la mode. Billy Blanchard avait déjà défilé pour Balenciaga en juillet lors de la Fashion Week de Paris. Il y avait porté un manteau oversize noir et un maquillage gothique.
Lors du même événement, il avait été aperçu en coulisses vêtu d’un haut affichant le slogan « Fashion, pas facho ». La tenue avait été largement relayée sur les réseaux sociaux et avait contribué à son identification comme figure émergente de la génération genderfluid.
Billy Blanchard est issu d’une lignée d’artistes connue pour son audace. Fils du chanteur excentrique Philippe Katerine et de l’actrice Julie Depardieu, il est également le petit-fils de Gérard Depardieu. Sa mère et son père se sont rencontrés sur le tournage de Je suis un no man’s land.
Pour le moment, il n’a pas exprimé le souhait de suivre les traces de ses parents au cinéma ou sur scène. Il a privilégié une voie personnelle à travers la mode internationale, où son sens de la provocation a trouvé un écho.
La stratégie payante de l’héritage détourné
Ce qui frappe dans la couverture de Dazed, ce n’est pas seulement la robe. C’est la manière dont Billy Blanchard transforme un capital symbolique encombrant – être le fils de – en un manifeste esthétique autonome.
A 15 ans, il ne se contente pas de rejouer la provocation paternelle. Là où Philippe Katerine a longtemps cultivé l’absurde en slip à paillettes et en bleu Schtroumpf, son fils oppose une provocation froide, maîtrisée, codifiée par les codes du luxe.
Le choix de Balenciaga n’est pas anodin : c’est une maison qui a fait de la déconstruction du genre son argument commercial.
L’autre intelligence du coup médiatique est générationnelle. En s’affichant genderfluid au moment où la Paris Fashion Week cherche ses nouvelles égéries, Billy occupe un angle mort : trop jeune pour être récupéré par le cinéma d’auteur français, assez légitime par son nom pour être invité partout.
Le t-shirt « Fashion, pas facho » vu en coulisses en juillet était déjà un test. La couverture de Dazed en est la validation industrielle.
Reste la question de l’âge. L’industrie de la mode a l’habitude de s’enthousiasmer vite pour les enfants de célébrités, puis de les oublier tout aussi vite. Si Billy veut durer, il devra prouver que son propos dépasse le simple jeu de déguisement familial.


