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Strasbourg (Le Parisien Matin) 15 septembre 2026 – Le Premier ministre canadien Mark Carney a entamé cette semaine un déplacement diplomatique en Europe afin de négocier un partenariat stratégique renforçant les liens économiques, sécuritaires et de mobilité entre le Canada et l’Union européenne. Cette initiative survient alors que le Canada fait face à une escalade des tensions commerciales et tarifaires majeures avec les États-Unis. L’exécutif canadien vise à diversifier ses échanges commerciaux, à attirer des investissements et à accroître sa souveraineté économique sans toutefois solliciter une adhésion formelle au bloc européen.

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, effectue du 15 au 17 septembre 2026 un voyage diplomatique officiellement orienté vers le renforcement des alliances multilatérales. L’itinéraire prévoit des étapes à Strasbourg, en France, ainsi qu’à Liverpool, au Royaume-Uni. Ce déplacement intervient dans un contexte de détérioration des relations commerciales entre Ottawa et Washington.

Les différends économiques se sont intensifiés à la suite de la rupture de négociations tarifaires cruciales et de l’imposition réciproque de droits de douane sur plusieurs milliards de dollars de marchandises entre le Canada et les États-Unis. Traditionnellement, les États-Unis représentent plus de 70 % des exportations canadiennes, pour des échanges de biens ayant atteint environ 715,5 milliards de dollars en 2025.

Vers une « alliance unique » et des droits de mobilité pour les citoyens

S’adressant aux journalistes à la suite de consultations nationales, Mark Carney a officiellement écarté la possibilité pour le Canada de demander le statut d’« membre associé » ou d’adhérer de manière formelle à l’Union européenne. Le dirigeant canadien a précisé que son gouvernement cherchait à négocier une « alliance unique » répondant aux priorités stratégiques de son pays tout en respectant l’autonomie institutionnelle de chacune des parties.

Selon des responsables gouvernementaux canadiens s’exprimant sous couvert d’anonymat, le projet d’accord visé par Ottawa ne reproduirait pas le modèle d’intégration de pays non membres comme la Norvège ou la Suisse. Le gouvernement canadien cherche en priorité à conclure un partenariat stratégique centré sur l’investissement, qui accorderait également aux citoyens canadiens le droit de vivre, d’étudier et de travailler dans l’Union européenne sans exigence de visa.

Les représentants canadiens ont réaffirmé que ces démarches visent à renforcer la souveraineté du pays et ne constituent pas un abandon de prérogatives nationales au profit de Bruxelles. Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, a souligné que cet effort de diversification n’équivalait pas à une rupture complète avec Washington, déclarant que le Canada continuerait d’entretenir des relations commerciales directes avec les États-Unis.

Prises de parole institutionnelles à Strasbourg

Le programme officiel de la visite à Strasbourg comprend la participation du Premier ministre canadien, en tant qu’invité d’honneur, au discours annuel sur l’état de l’Union prononcé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Mark Carney doit également s’adresser directement aux députés du Parlement européen pour expliciter la position du Canada sur les relations transatlantiques et la gouvernance globale.

Dans les interventions prévues, le chef du gouvernement canadien entend lancer un appel aux « puissances moyennes » afin qu’elles unissent leurs forces pour résister aux pressions et aux coercitions économiques exercées par les grandes puissances mondiales. Ce message s’inscrit dans le prolongement du discours prononcé par M. Carney en janvier 2026 lors du Forum économique mondial de Davos, où il avait dénoncé l’usage de l’intégration économique, des tarifs douaniers et des réseaux financiers comme leviers de pression stratégique.

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s’est félicitée de cette dynamique de rapprochement, rappelant la nécessité pour des partenaires partageant les mêmes valeurs d’intensifier leur coopération dans un contexte géopolitique incertain. De son côté, le Parlement européen a récemment confirmé l’ouverture prochaine d’un bureau officiel d’information à Ottawa afin de faciliter les contacts institutionnels directs.

Renforcement du partenariat économique et sécuritaire préexistant

L’UE constitue déjà le deuxième partenaire commercial du Canada. Les échanges de biens et de services entre les deux parties se sont élevés à environ 147 milliards de dollars (130 milliards d’euros) au cours de l’année 2025. Les flux commerciaux sont régis en partie par l’Accord économique et commercial global (AECG / CETA), entré en application provisoire en 2017 et ayant supprimé la quasi-totalité des droits de douane entre le Canada et les pays membres de l’UE.

Sur le plan de la sécurité et de la défense, la relation bilatérale a franchi une étape supplémentaire. Le Canada est devenu le premier pays non européen à intégrer le programme de défense SAFE de l’Union européenne, doté d’un budget de 150 milliards d’euros. Ce cadre permet aux entreprises canadiennes du secteur de la défense de participer aux appels d’offres conjoints et aux projets d’approvisionnement militaire organisés par l’UE.

Rencontres bilatérales au Royaume-Uni et à Saint-Pierre-et-Miquelon

À l’issue de son étape au Parlement européen, le Premier ministre canadien se rendra à Liverpool, au Royaume-Uni, pour y rencontrer son homologue britannique, Andy Burnham. Il s’agira de la première réunion officielle en tête-à-tête entre les deux dirigeants depuis leur prise de fonction respective.

La tournée se poursuivra par une rencontre bilatérale avec le président français Emmanuel Macron sur le territoire d’outre-mer français de Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel situé à proximité directe des côtes de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador. Il s’agit du premier déplacement officiel d’un Premier ministre canadien sur ce territoire. Selon les services du Premier ministre canadien, les discussions entre M. Carney et M. Macron porteront sur la coopération bilatérale dans les domaines des minéraux critiques, des technologies de l’intelligence artificielle, de la transition énergétique et de la sécurité transatlantique.

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