BRUXELLES, 14 juillet (Le Parisien Matin) – Les gouvernements de l’Union européenne peinent à rompre leur dépendance aux combustibles fossiles, malgré des objectifs climatiques ambitieux. Les données financières révèlent un décalage majeur entre les investissements privés et les soutiens publics, ces derniers continuant de favoriser massivement les énergies polluantes.
Alors que le secteur privé réoriente désormais 72 % de ses investissements vers des initiatives durables, les entités publiques européennes suivent une trajectoire inverse. L’an dernier, 68 % des dépenses énergétiques financées par les contribuables ont été allouées aux combustibles fossiles. Ce soutien persistant, qui inclut des subventions massives, ralentit la transition énergétique que les entreprises privées tentent pourtant d’accélérer.
Plusieurs facteurs expliquent cette inertie politique et économique. Les chocs géopolitiques, tels que les crises liées aux chaînes d’approvisionnement, incitent les gouvernements à intervenir pour éviter des pénuries immédiates, souvent au détriment de solutions décarbonées. Parallèlement, le manque d’infrastructures de stockage et de modernisation des réseaux électriques oblige le bloc à maintenir des centrales thermiques pour compenser l’intermittence des énergies renouvelables.
Le Système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne, pilier de la politique climatique, est aujourd’hui fragilisé. Une coalition de pays, incluant l’Italie, l’Autriche et la Pologne, fait pression pour réduire la portée de ce marché du carbone. Certains secteurs industriels, appuyés par l’industrie pétrolière, réclament une baisse des coûts du carbone pour contrer la désindustrialisation, ignorant les signaux de prix nécessaires aux investissements verts.
« Le système d’échange de quotas d’émission doit être renforcé, car il n’est pas assez performant, bien qu’il ait déjà entraîné d’importants investissements industriels et des réductions d’émissions »
Souligne Ursula Woodburn dans une tribune.
Pour remédier à cette situation, la Commission européenne prépare un plan d’action pour l’électrification à l’horizon 2040. L’objectif est de réduire drastiquement la consommation de gaz et de pétrole en favorisant l’électrification des usages. Si les ambitions sont affichées, le défi demeure l’harmonisation des politiques nationales pour ne plus punir les entreprises engagées dans la transition au profit de celles qui conservent leurs modèles polluants.


