BAMAKO, Mali, 18 juillet (Le Parisien Matin) – Un convoi de l’armée malienne a été pris pour cible samedi dans une embuscade tendue par une coalition de rebelles séparatistes et de militants jihadistes dans une zone reculée au nord de Gao. Cette offensive, survenue dans une région marquée par une instabilité croissante, a entraîné la mort ou la capture de nombreux soldats, selon les déclarations des groupes insurgés.
L’armée malienne a confirmé l’incident par le biais d’un communiqué officiel. Les autorités militaires ont indiqué que leurs troupes, accompagnées de partenaires, ont été attaquées alors qu’elles circulaient dans la partie nord du pays. Si le commandement n’a pas communiqué de bilan précis, il a précisé qu’une contre-attaque était en cours pour reprendre le contrôle de la situation.
La responsabilité de cette opération a été revendiquée par deux entités distinctes : le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à al-Qaïda. Les deux organisations ont fait état de pertes humaines importantes et de dégâts matériels considérables au sein des rangs de l’armée nationale.
Le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, a détaillé les conséquences de l’affrontement lors d’une déclaration :
« Il y a eu beaucoup de soldats tués, d’autres capturés vivants. Des véhicules de l’armée, y compris des blindés, ont été détruits et d’autres saisis en bon état. »
Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, attribuées aux groupes rebelles, montreraient des soldats en situation de reddition sous la menace des militants. Ces images, que les autorités n’ont pas pu authentifier, illustrent la montée des tensions dans le Sahel. Cette région située au sud du Sahara est devenue, ces dernières années, un foyer majeur de violences extrémistes et de luttes territoriales.
Le conflit dans le nord du Mali est alimenté par les revendications des groupes touaregs, qui luttent depuis des années pour l’indépendance de l’Azawad. Depuis la création du FLA en 2024, les collaborations tactiques avec le JNIM se multiplient. Les analystes soulignent que ces coopérations entre séparatistes et jihadistes font peser un risque croissant sur la stabilité globale du Mali et sur la pérennité de la junte au pouvoir, les attaques coordonnées devenant de plus en plus complexes.


