MADRID, 14 juillet (Le Parisien Matin) – Le gouvernement espagnol a officiellement présenté ses excuses à la France mardi à la suite d’une tribune rédigée par l’ancien Premier ministre conservateur Mariano Rajoy. Dans son texte, ce dernier remettait directement en question la composition de la sélection tricolore avant la demi-finale de la Coupe du monde.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Jose Manuel Albares, a contacté son homologue français pour dénoncer des propos intolérables portant le venin du racisme et de la xenophobie. Il a précisé que ces déclarations ne reflétaient en aucun cas la position de la grande majorité des citoyens espagnols.
Dans une chronique publiée par le journal en ligne El Debate, Mariano Rajoy a qualifié la sélection française d’adversaire redoutable tout en affirmant qu’elle ne comptait aucun joueur français. Cette déclaration ciblait de manière manifeste les origines africaines et afro-caribéennes de plusieurs footballeurs. L’ambassade de France à Madrid a immédiatement réagi en rappelant que les vingt-six joueurs sélectionnés possèdent la nationalité française et que vingt-trois d’entre eux sont nés sur le territoire français.
Les déclarations de l’ancien chef du gouvernement ont provoqué de vives réactions au sein de la classe politique espagnole. Le Premier ministre Pedro Sánchez a fermement condamné ces propos en soulignant qu’il est inacceptable de mesurer la nationalité en fonction du nom de famille, du lieu de naissance ou de la couleur de peau.
De son côté, le ministre des Transports Óscar Puente s’est montré particulièrement virulent à l’égard de Mariano Rajoy. En revanche, le porte-parole du Parti populaire, Borja Sémper, a tenté de tempérer la situation en affirmant que le texte avait été écrit sans mauvaise intention et relevait d’une forme d’expression sarcastique.
En France, les propos ont suscité une indignation unanime au-delà des divisions politiques habituelles. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a qualifié ces déclarations de pathetiques en rappelant que la France n’a pas de couleur de peau.
Le porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul a qualifié la sortie de scandaleuse, tandis que le leader socialiste Olivier Faure a rappelé que la France constitue une nation politique et républicaine et non une entité ethnique. Sur le plan sportif, le président de la Fédération française de football Philippe Diallo a dénoncé un sous-entendu raciste intolérable, alors que le défenseur espagnol Pau Cubarsí a appelé à une tolérance absolue.
« C’est une question très grave que d’utiliser la couleur de peau pour déterminer qui peut être citoyen et qui ne le peut pas »
A déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares sur les ondes de la radio Cadena SER.


