TORONTO, 24 juillet (Le Parisien Matin) – De nouveaux incendies se déclarent dans l’ouest du Canada et les forêts continuent de brûler en Ontario alors que le pays affronte l’une des saisons des feux les plus intenses jamais enregistrées selon le Premier ministre Mark Carney. En Colombie-Britannique, notamment dans le sud de la province et autour de Kimberley à 520 kilomètres de Vancouver, la situation s’aggrave de jour en jour tandis que l’air devient irrespirable par endroits.
Au cours de la dernière semaine, près de 34 000 éclairs ont été recensés, provoquant une série de départs de feux et d’ordres d’évacuation. Vendredi matin, la province comptait 25 ordres d’évacuation actifs et 90 feux de forêt en cours. Les autorités préviennent que le réchauffement et l’assèchement des sols pourraient accélérer la progression des brasiers existants.
Les conditions météorologiques ne laissent entrevoir aucune amélioration à court terme dans cette région montagneuse. Les équipes au sol décrivent une météo défavorable qui complique chaque intervention.
« La prévision météorologique est loin d’être favorable. Il n’y a aucune aide significative de la part de Mère Nature dans un avenir prévisible ».
A déclaré le commandant des opérations Hugh Murdoch à propos des feux près de Kimberley.
Ces incendies sont alimentés par une chaleur intense et par des éclairs liés à la hausse des températures. La combinaison crée un cercle vicieux où la végétation asséchée s’enflamme au moindre impact. La semaine dernière, les panaches de fumée ont traversé la frontière et ont atteint les grandes villes de la côte Est et du Midwest américain, dégradant fortement la qualité de l’air à des centaines de kilomètres des foyers.
Plus à l’est, la province de l’Ontario n’est pas épargnée. Dans la seule région du Nord-Ouest, 139 feux actifs étaient recensés, dont 32 jugés hors de contrôle. Les équipes luttent dans des zones souvent isolées, difficilement accessibles, ce qui ralentit les opérations de containment. Vendredi, Environnement Canada a émis un avertissement pour mauvaise qualité de l’air à Banff en Alberta et dans les secteurs environnants, tout en indiquant que les conditions devraient s’améliorer pour la plupart des régions durant le week-end.
Face à l’ampleur de la crise, le gouvernement fédéral a annoncé le déploiement de plus de 5 300 pompiers et d’environ 300 avions bombardiers d’eau, hélicoptères et appareils d’évacuation. Le Mexique prévoit également l’envoi de 200 pompiers au cours des prochaines semaines pour prêter main forte aux équipes canadiennes. Des milliers de personnes ont déjà dû quitter leur domicile cet été, dont plusieurs communautés des Premières Nations particulièrement exposées.
Depuis le début de l’année, environ 2,95 millions d’hectares sont partis en fumée à travers le pays, soit 7,29 millions d’acres. Ce bilan dépasse déjà la moyenne décennale d’environ 2,55 millions d’hectares. Le Canada compte actuellement davantage de feux actifs qu’à la même période lors des deux dernières années, ce qui confirme la tendance à l’aggravation observée par les autorités.
Les forêts canadiennes représentent 28 pour cent des forêts boréales de la planète, un rôle crucial pour le stockage du carbone. Au Québec, l’amélioration des conditions météo a permis de mieux maîtriser certains brasiers grâce au soutien de provinces voisines, de la France et des États Unis. Les équipes sur place restent vigilantes car la moindre canicule sans pluie peut suffire à réactiver des points chauds encore présents dans les sols.
Les prochains jours s’annoncent décisifs pour contenir la propagation et protéger les populations exposées à la fumée et aux évacuations d’urgence.

