ZURICH, 21 août (Le Parisien Matin) – La Commission Disciplinaire de la FIFA a imposé ce vendredi une suspension de dix matchs et 78 000 euros d’amende au milieu argentin Leandro Paredes pour les violents incidents qui ont suivi la finale du Mondial remportée par l’Espagne face à l’Argentine. L’instance a sanctionné quatre autres acteurs de la rencontre.

Le défenseur Nahuel Molina a écopé de sept matchs et 78 000 euros, le second entraîneur Roberto Ayala de trois matchs et 27 000 euros, le milieu Thiago Almada d’un match et 27 000 euros.

Côté espagnol, Gavi a été suspendu un match et condamné à 27 000 euros. Les suspensions s’appliqueront uniquement avec les sélections et n’affecteront pas les clubs, selon la décision.

Des sanctions graduées selon la gravité des faits

La procédure a été ouverte par le procureur disciplinaire après examen des images. Trois chefs d’accusation ont été retenus contre Paredes pour infractions à l’article 14, alinéa 1, lettre i) du Code Disciplinaire, qualifiées d’« agression » par la FIFA.

Molina a été poursuivi pour deux faits d’« agression » par la FIFA, l’un consommé et l’autre en tentative, et un fait de « comportement antisportif ». Almada et Gavi ont été sanctionnés pour un fait de « comportement antisportif » selon la FIFA au titre de l’article 14, alinéa 1, lettre b). Ayala a été reconnu coupable d’« agression » par la FIFA pour un fait distinct sur Dani Olmo.

Les sanctions peuvent être contestées devant le Comité d’Appel de la FIFA, comme l’a annoncé la fédération argentine qui les juge « excessives » selon l’AFA, puis devant le Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne.

Le film d’une bagarre qui a terni le sacre espagnol

Les faits se sont produits immédiatement après le but de Ferran Torres qui a offert le titre à l’Espagne 1-0 après prolongation, et le coup de sifflet final à East Rutherford. La célébration a été interrompue par une rixe générale.

Selon l’enquête, Molina a d’abord frappé le capitaine espagnol Rodri à la poitrine alors qu’il courait célébrer la victoire. Lorsque Rodri s’est retourné, les deux joueurs se sont poussés. Le défenseur Eric García est intervenu rapidement.

Paredes a alors aggravé la situation. Il a attrapé Eric García par la gorge avant de le pousser au sol. Gavi, qui portait encore son survêtement d’échauffement sur le banc, a couru défendre son coéquipier et s’est jeté sur le milieu de Boca Juniors. Paredes l’a violemment projeté au sol avec l’aide d’Almada, avant de le frapper au visage.

Leandro Paredes en maillot argentin serre le cou d'Eric García en maillot rouge qui chute en arrière

Une amende globale et un huis clos partiel pour l’AFA

Au-delà des cas individuels, l’Association du Football Argentin a reçu une amende globale d’environ 250 000 euros pour la banderole exhibée après la demi-finale contre l’Angleterre sur laquelle on pouvait lire « Malvinas argentines » et « Les Malouines sont argentines » selon les joueurs argentins. La FIFA interdit tout message politique lors des rencontres.

L’AFA a écopé de 60 000 euros supplémentaires pour violation de l’article 15 sur la discrimination et de l’article 17 relatif à l’ordre et à la sécurité, en raison de chants et gestes discriminatoires de ses supporters.

En conséquence, l’Argentine devra disputer ses deux prochains matchs à domicile avec une restriction de 50 % de spectateurs.

Une partie de la sanction, soit 100 000 dollars d’amende et le second match à huis clos partiel, a été placée en sursis probatoire et 100 000 dollars devront être investis dans des programmes de lutte contre les discriminations.

Pour Gavi, la suspension sera purgée lors du choc de Ligue des Nations contre l’Angleterre à Wembley le 26 septembre. Pour Paredes, les dix matchs le priveraient de sélection jusqu’en juin 2027.

La FIFA cherche à restaurer son autorité

Avec dix matchs fermes, la suspension infligée à Leandro Paredes dépasse le cadre habituel des sanctions post-match. La FIFA n’avait plus prononcé une telle peine pour des faits de jeu depuis les dossiers Suarez ou Materazzi. Le message est clair : la finale ne peut pas se terminer en bataille rangée sous les yeux du monde.

En frappant le plus lourdement le joueur présenté comme l’élément déclencheur, l’instance distingue la faute d’humeur de la tentative d’agression caractérisée.

Le cas Gavi illustre l’autre versant de la doctrine : une participation défensive à une rixe reste un comportement antisportif, mais à un degré moindre.

Le volet AFA pèse plus lourd encore politiquement. En cumulant les incidents de la finale, la banderole des Malouines et les chants discriminatoires, la Commission rappelle que le fair-play ne se limite pas au terrain.

L’obligation d’investir 100 000 dollars dans la lutte contre les discriminations et le huis clos partiel à 50 % visent une sanction exemplaire et pédagogique.

Pour l’Argentine, le coût sportif est immédiat. Privée de son milieu d’expérience et de son latéral droit pendant près d’un an, la sélection devra reconstruire son entrejeu à l’entame du cycle qualificatif.

Pour l’Espagne, l’incident reste anecdotique, mais confirme la ligne de fermeté que la FIFA veut imposer avant les prochaines échéances.

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