LE CAIRE, 6 juillet (Le Parisien Matin) – Le Hamas a annoncé ce lundi la dissolution officielle de son organe exécutif d’urgence dans la bande de Gaza. Cette décision politique majeure vise à faciliter une transition administrative vers une administration technocrate soutenue par les États-Unis. Ce mouvement diplomatique cherche à intensifier la pression sur Israël afin de débloquer le plan de paix complet en vingt points promu par le président américain Donald Trump.
Mohammed al-Farra, responsable du Comité gouvernemental d’urgence, a formellement démissionné, entraînant la fin de cette structure qui gérait les affaires quotidiennes du territoire depuis la prise de contrôle du groupe en 2007. Malgré cette dissolution, le bureau médiatique du Hamas a précisé que les ministères et le personnel administratif en place conserveraient leurs fonctions. Le mouvement islamiste continuera toutefois d’exercer sa supervision sur les activités de sécurité et de police dans les secteurs sous son contrôle.
L’objectif de cette manœuvre est de dégager la voie pour le Comité national pour l’administration de Gaza. Cette instance, composée de quinze technocrates palestiniens sous la direction d’Ali Shaath, se tient prête à assumer la gouvernance civile dès que les conditions opérationnelles et les ressources nécessaires seront garanties.
Le président de ce comité a toutefois souligné les exigences nécessaires à cette transition complexe. Ali Shaath a précisé sur sa page Facebook :
« Les conditions fondamentales pour la réussite de la commission sont l’existence d’une seule autorité et d’une seule loi sous un cadre de référence clair, et d’une seule arme soumise à cette autorité. »
Le contexte de cette annonce reste marqué par une impasse persistante concernant les phases ultérieures du plan de paix. Un point de friction central demeure la question du désarmement. Le plan soutenu par Washington exige que le Hamas dépose les armes, une condition que les dirigeants du mouvement rejettent tant qu’un retrait total des forces israéliennes et une administration palestinienne fonctionnelle ne seront pas effectifs.
De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, maintient une position ferme. Bien que la menace militaire du Hamas ait été fortement contenue, le dirigeant israélien insiste sur l’élimination définitive de sa capacité à exercer une gouvernance civile. À l’heure actuelle, les forces israéliennes conservent le contrôle sur environ 60 à 70 % du territoire de Gaza, patrouillant dans ce qu’elles désignent comme une zone tampon.
La situation sur le terrain reste fragile, comme l’illustrent les événements de ce lundi. Des frappes israéliennes, justifiées par Tel-Aviv comme des opérations visant à contrer des menaces militantes, ont causé la mort de cinq personnes à Gaza City et Khan Younis. Le Conseil de la paix nommé par Donald Trump a pris acte de la dissolution, déclarant toutefois que ses évaluations futures reposeraient sur des actions concrètes plutôt que sur des promesses. Les médiateurs régionaux, dont l’Égypte, le Qatar et la Turquie, tentent désormais d’utiliser cette annonce pour inciter Washington à accroître sa pression sur Israël afin de respecter les étapes du cessez-le-feu.


