WASHINGTON, 22 juin (Le Parisien Matin) – Des astronomes ont identifié la comète interstellaire 3I/ATLAS comme étant l’un des objets les plus anciens jamais observés dans notre système solaire.
Selon une étude publiée dans la revue Nature, ce visiteur cosmique se serait formé il y a environ 10 à 12 milliards d’années.
Cette découverte place l’origine de l’objet à une époque où l’univers ne représentait qu’environ 13 % de son âge actuel. Le corps céleste, d’un diamètre d’environ 2,6 kilomètres, présente une composition chimique unique qui le distingue de tout ce qui a été précédemment répertorié dans notre voisinage stellaire.
Une origine dans le froid primordial
L’analyse des isotopes, notamment ceux de l’hydrogène et du carbone, a permis aux chercheurs de reconstituer l’environnement de naissance de cet objet. La comète 3I/ATLAS serait née dans un système planétaire situé dans la Voie lactée, caractérisé par des conditions extrêmes.
La température ambiante lors de sa formation aurait avoisiné les moins 243 degrés Celsius. Cet environnement, bien plus froid que celui ayant conduit à la naissance de la Terre il y a 4,5 milliards d’années, était également soumis à un rayonnement intense, qu’il soit cosmique ou ultraviolet.
La concentration de deutérium, un isotope lourd de l’hydrogène, présente dans l’eau de la comète est environ 30 fois supérieure à celle observée sur les comètes classiques de notre système solaire. Ce taux élevé confirme des conditions de formation singulières, marquées par une pauvreté en métaux et une grande richesse en éléments volatils.
Un messager des temps anciens
Le rôle de cette comète dans la compréhension de l’évolution galactique est majeur. Martin Cordiner, astrochimiste au centre spatial Goddard de la NASA, souligne le caractère inédit de cette observation.
« Nous n’avons jamais vu auparavant un objet comme 3I/ATLAS », a déclaré Martin Cordiner.
La présence de molécules organiques, incluant du carbone, de l’hydrogène, de l’azote, de l’oxygène et du soufre, suggère que les composants essentiels à la vie étaient déjà abondants dans les disques protoplanétaires il y a des milliards d’années. Cette richesse chimique témoigne d’une période d’intense formation stellaire au sein de notre galaxie.

Une trajectoire hors du commun
3I/ATLAS n’est que le troisième objet interstellaire détecté traversant notre système, après 1I/’Oumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019. Sa trajectoire, qualifiée d’hyperbolique, indique qu’il a été éjecté de son système d’origine, probablement à la suite d’interactions gravitationnelles avec des planètes ou d’une collision violente.
Actuellement, l’objet poursuit sa route vers l’extérieur du système solaire. Il dépasse en ce moment l’orbite de Saturne. Les projections des astronomes prévoient qu’il franchira l’orbite de Pluton d’ici 2029 avant de quitter définitivement les confins de notre système vers 2035.
La nature de l’objet confirmée
Malgré certaines spéculations ayant circulé l’an dernier sur une potentielle origine artificielle, les preuves recueillies par le télescope spatial James Webb confirment la nature purement naturelle de 3I/ATLAS. L’analyse détaillée de sa composition chimique et de son comportement physique balaye les hypothèses d’un vaisseau spatial.
L’étude des données récoltées permet désormais aux planétologues de mieux appréhender les conditions physiques qui régnaient lors de la jeunesse de la Voie lactée. 3I/ATLAS restera dans les annales comme le témoin privilégié d’une époque reculée, offrant une fenêtre ouverte sur les processus qui ont façonné les systèmes planétaires aux origines du cosmos.


