TÉHÉRAN, 5 août (Le Parisien Matin) – l’Iran et Oman sont parvenus à une entente sur les coordonnées géographiques d’une route de navigation commerciale à travers le détroit d’Ormuz, et une annonce conjointe était en cours de finalisation à condition que certaines tierces parties n’interfèrent pas, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei.
Une entente sur les paramètres géographiques
Les deux pays ont mené des négociations techniques bilatérales ces derniers jours. Les discussions ont porté sur le tracé précis du corridor destiné au trafic commercial dans cette voie stratégique.
Esmaeil Baghaei a décrit les pourparlers comme « professionnels » et a assuré qu’ils « avançaient ». Il a ajouté que
« les deux parties sont parvenues à une compréhension mutuelle sur les paramètres géographiques de la route en discussion ».
Il a précisé que si certaines tierces parties n’entravaient pas le processus, la déclaration commune contenant les principales considérations et les points clés de l’entente se trouvait dans les dernières étapes d’examen et de rédaction.
Un contrôle élargi pour Téhéran
Le cadre proposé a été présenté comme l’une des concessions les plus importantes faites à Téhéran à ce jour. Selon une source iranienne de haut rang et deux responsables régionaux cités par Reuters, le dispositif a accordé à l’Iran un rôle central sur le trafic entrant.
« L’accord proposé entre l’Iran et Oman donnerait à Téhéran le contrôle des navires entrant dans le Golfe par le détroit d’Ormuz »
Ont indiqué ces sources.
Le trafic sortant devait continuer de longer les côtes omanaises, selon le schéma envisagé.
Pas de péage mais des frais de service
Le projet n’a pas prévu de droit de péage direct, interdit par le droit maritime international. Il a exploré en revanche la facturation de frais de service aux armateurs.
Ces frais ont été destinés à couvrir la sécurité des cargaisons, l’assistance à la navigation et la protection de l’environnement maritime dans le détroit.
Aucune garantie de sécurité
Esmaeil Baghaei a averti qu’une telle entente bilatérale n’a pas suffi à sécuriser totalement la voie d’eau. Il a souligné que le contexte géopolitique plus large est resté non résolu.
« Un tel accord entre l’Iran et Oman ne garantirait pas, à lui seul, la sécurité dans la voie navigable stratégique »
A déclaré Esmaeil Baghaei.
Il a cité notamment le maintien d’un blocus naval américain dans la zone.
Le facteur américain
L’entente est intervenue dans un contexte de forte pression internationale pour rouvrir le détroit d’Ormuz, confronté à de graves perturbations du transit après une escalade militaire régionale.
Le président américain Donald Trump a affirmé qu’un accord de réouverture était imminent. Des sources proches du dossier ont contesté cette version et ont indiqué que des détails importants devaient encore être convenus.
Les responsables iraniens ont insisté sur le fait qu’ils ont négocié exclusivement avec le ministère omanais des Affaires étrangères, et non directement avec Washington, pour rétablir les flux énergétiques mondiaux.


