PARIS, 5 août (Le Parisien Matin) – Les trois syndicats du personnel navigant d’easyJet France ont déposé un préavis de grève courant du 7 août au 2 septembre 2026. Le SNPNC-FO, l’UNAC-CFE-CGC et l’UNPNC-CFDT annoncèrent que ce préavis leur permettait de déclencher des arrêts de travail avec un préavis de 48 heures, en pleine pointe estivale, pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail.
Le préavis couvrit les six bases françaises d’easyJet : Paris Orly, Paris Charles de Gaulle, Nice, Nantes, Lyon et Bordeaux.
Aucune annulation ne fut confirmée au moment du dépôt. Le dispositif permit toutefois aux navigants de cesser le travail à tout moment durant la période, sous réserve du délai de prévenance.
Des conditions de travail jugées dégradées
Les organisations syndicales évoquèrent une dégradation continue sur l’année écoulée. Elles dénoncèrent des rotations épuisantes, des changements de dernière minute et un sous-effectif chronique.
Selon les syndicats, l’action fut motivée par des conditions de travail « en détérioration ». Ils citèrent des
« horaires hautement instables, une fatigue accumulée et un manque de protections pour le personnel navigant »
Selon le SNPNC-FO.
Les représentants estimèrent que ces problèmes furent « balayés sous le tapis » par la direction, selon l’UNAC-CFE-CGC.
Une bataille financière en arrière-plan
Les syndicats lièrent ce manque d’écoute au contexte capitalistique. EasyJet fit l’objet d’une bataille pour son rachat évaluée à 5,7 milliards de livres.
Deux fonds américains, Apollo et Castlelake, furent en compétition pour acquérir le transporteur. Ils firent face à une date limite pour déposer leurs offres formelles à la fin de la semaine du dépôt du préavis.
La position d’easyJet
La direction d’easyJet exprima sa déception après l’annonce. Un porte-parole déclara avoir proposé une « offre d’ajustements » pour répondre aux préoccupations syndicales.
Le même porte-parole ajouta :
« Étant donné que nous avons prévu des négociations en septembre, nous appelons les syndicats à annuler cette action contre-productive en cette période importante de l’année pour nos clients »
Négociations et risques pour le trafic
Les syndicats se dirent ouverts à la négociation et prêts à lever le préavis en cas de réponse contraignante. Les négociations annuelles obligatoires furent prévues en septembre.
Un précédent fut rappelé. Un mouvement d’un jour mené le lundi de Pâques, sur les mêmes bases, avait cloué au sol des centaines de vols.
Les passagers concernés par des vols vers, depuis ou à l’intérieur de la France furent invités à vérifier quotidiennement le statut de leur vol sur l’application. En cas d’annulation liée au personnel, une indemnisation au titre du règlement européen 261/2004 resta possible.


