TEL-AVIV, 13 août (Le Parisien Matin) – Le ministre israélien de la Défense Israel Katz a affirmé jeudi qu’Israël ne retirerait pas ses forces du sud du Liban tant que le Hezbollah n’aurait pas été désarmé, nuançant des propos tenus la veille qui avaient suggéré une occupation indéfinie et provoqué une critique publique des États-Unis.
Cette clarification est intervenue au lendemain d’une visite du ministre dans le sud du Liban. Elle a replacé la présence militaire israélienne dans le cadre de l’accord soutenu par Washington, tout en maintenant une condition stricte liée au désarmement du mouvement chiite.
Une mise au point après une polémique
Lors de son déplacement mercredi, Israel Katz avait déclaré que lui et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avaient été sans équivoque sur le fait qu’Israël maintiendrait ses positions. Il avait alors affirmé :
« nous ne nous retirons pas de cette zone de sécurité ».
A rapporté Israel Katz.
Il avait ajouté :
« nous allons nettoyer cette zone et assurer la sécurité des habitants du nord ».
a déclaré Katz, évoquant les communautés du nord d’Israël.
Ces déclarations avaient suscité une réaction immédiate à Washington. Un responsable du Département d’État américain avait estimé qu’une présence militaire israélienne permanente au sud du Liban n’était pas conforme aux engagements inscrits dans l’accord soutenu par les États-Unis avec le gouvernement libanais.
Le responsable américain avait souligné :
« Les États-Unis attendent de toutes les parties qu’elles agissent de manière conforme au Cadre qu’elles ont convenu, et Israël a clairement déclaré qu’il n’a pas d’ambitions territoriales au Liban ».
Jeudi, le ministre a reformulé sa position. Il a indiqué qu’Israël,
« ne se retirera pas de la zone de sécurité au Liban tant que le Hezbollah n’est pas désarmé et que la menace du Hezbollah dans tout le Liban n’est pas écartée ».
A précisé Katz.
Il a ajouté avoir donné des instructions opérationnelles :
« J’ai ordonné à Tsahal de se préparer à une présence prolongée dans la zone pour protéger les forces combattantes et les communautés, jusqu’à ce que cet objectif soit pleinement atteint ».

Le cadre de l’accord soutenu par Washington
L’armée israélienne s’était emparée d’une large bande du sud du Liban au cours de la guerre menée contre le Hezbollah plus tôt cette année. Israël avait justifié ce déploiement par la nécessité de protéger le nord de son territoire contre les attaques du groupe soutenu par l’Iran.
Le Hezbollah avait déclenché les dernières hostilités en ouvrant le feu sur Israël deux jours après le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran. L’offensive israélienne qui avait suivi avait déplacé des centaines de milliers de Libanais, pour la plupart membres de la base chiite du Hezbollah.
L’accord négocié sous médiation américaine prévoit un retrait israélien progressif, lié à la vérification du désarmement du groupe armé. Le texte maintient des troupes israéliennes à l’intérieur du Liban jusqu’à ce que le Hezbollah soit désarmé et que l’armée libanaise prenne le contrôle du sud.
Ce processus repose sur des « zones pilotes ». Le responsable américain a indiqué que l’armée libanaise mettait en œuvre les premières zones pilotes et que Washington continuerait de soutenir la pleine mise en œuvre de ce processus.
Le bras de fer sur le désarmement
Le Hezbollah, fondé par les Gardiens de la révolution iraniens en 1982, s’est opposé aux pourparlers de Beyrouth avec Israël. Le mouvement a exclu toute discussion sur ses armes avant un retrait israélien total.
Cette position a créé une impasse diplomatique. La partie israélienne a lié son retrait à une transition par étapes, au cours de laquelle les Forces armées libanaises sont censées prendre le contrôle et désarmer le Hezbollah. La partie libanaise armée a posé le retrait comme préalable à toute négociation.
Sur le terrain, les forces libanaises ont annoncé avoir découvert des caches d’armes dans les villages transférés. Des responsables israéliens ont toutefois estimé que l’armée libanaise ne faisait pas assez pour affronter directement le Hezbollah.

Un calendrier politique israélien sous tension
La déclaration de jeudi est intervenue lors d’une cérémonie marquant l’établissement d’une colonie israélienne en Cisjordanie occupée. Le parti Likoud du Premier ministre, auquel appartient Israel Katz, a cherché à renforcer ses gages sécuritaires auprès de l’électorat à l’approche d’un scrutin prévu le 27 octobre.
Il s’agit de la première élection en Israël depuis les attaques menées par le Hamas le 7 octobre 2023. La question de la sécurité aux frontières nord et sud est redevenue centrale dans la campagne.
La formulation utilisée par Israel Katz a fait écho à des propos récents tenus par Benjamin Netanyahu sur Gaza et le Hamas. Dimanche, Benjamin Netanyahu avait qualifié la dernière feuille de route pour Gaza présentée par le président américain Donald Trump d’« inacceptable » et affirmé qu’Israël ne se retirerait pas avant que le Hamas ne soit désarmé.
Sur le terrain, une population déplacée
Au Liban, la perspective d’une présence prolongée a ravivé le souvenir des occupations passées. À Beyrouth, des habitants ont exprimé leur rejet d’une occupation durable.
« ne peuvent pas rester des occupants ».
A déclaré Hussam Mneimeh.
« Il y a eu des expériences précédentes … ils ont occupé le Liban puis se sont retirés d’une manière ou d’une autre, que ce soit par la négociation politique ou par la guerre ».
A ajouté Mneimeh.



