TEL-AVIV, 26 juillet (Le Parisien Matin) – Le cabinet de sécurité israélien a approuvé dimanche l’entrée d’une force internationale dans les secteurs de la bande de Gaza situés au-delà du contrôle direct de Tsahal. Cette validation ouvre la voie au déploiement de la Force internationale de stabilisation, un élément central du plan soutenu par les États-Unis pour l’avenir de l’enclave.
Feu vert pour la Force de stabilisation internationale
Le cabinet restreint a donné son accord au déploiement de la International Stabilization Force, connue sous l’acronyme ISF. Cette force multinationale a été créée dans le cadre de l’accord de paix pour Gaza et entérinée par le Conseil de sécurité des Nations unies en novembre dernier.
Son arrivée vise à gérer les zones où l’armée israélienne n’exerce plus de présence directe, tout en assurant une transition sécuritaire.
Un mandat encadré et sous immunité
Selon un haut responsable israélien, la ISF bénéficiera d’une immunité juridique au regard du droit israélien. Elle opérera en coordination totale avec l’armée israélienne, mais exclusivement en dehors de la ligne jaune qui délimite les secteurs sous contrôle de Tsahal.
L’état-major a précisé qu’aucun retrait supplémentaire ne serait envisagé tant que le Hamas ne serait pas désarmé et que la bande de Gaza ne serait pas totalement démilitarisée. Le dispositif prévoit un premier contingent d’environ 200 hommes.
Une participation sous conditions strictes
Le cabinet de sécurité a imposé des critères rigoureux pour la composition de la force. Seuls les pays entretenant des relations diplomatiques avec Israël et ne menant pas d’actions contre l’État hébreu dans les instances internationales pourront y contribuer.
Chaque déploiement individuel devra en outre recevoir l’aval du Premier ministre, du ministre de la Défense et du ministre des Affaires étrangères. Selon les médias israéliens, les premiers contingents proviendraient de nations amies comme le Maroc, l’Ouganda, l’Albanie et le Kazakhstan, tandis que des contributions d’envergure de pays sans liens diplomatiques, comme l’Indonésie, seraient exclues.
Rafah comme zone pilote
Le lancement opérationnel prendra la forme d’un programme pilote dans le quartier de Tal as-Sultan, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. D’après la chaîne publique Kan, la construction d’une base pour la ISF à proximité de Rafah a déjà été autorisée et une trentaine d’officiers marocains auraient inspecté la zone de déploiement prévue.
L’ensemble de l’opération sera supervisé par un Conseil de paix dirigé par les États-Unis. Sur le terrain, la mission consistera à construire des logements temporaires, à réhabiliter les services de base et à organiser la distribution de l’aide humanitaire dans des secteurs déclarés sans présence du Hamas. L’administration civile locale devrait ensuite être confiée progressivement à un comité technocratique palestinien, le Comité national pour l’administration de Gaza.
Un vote qui divise la coalition
Le vote a été acquis à la majorité des membres du cabinet. Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’est prononcé en faveur du texte, tandis que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a voté contre, estimant que le Hamas n’avait pas respecté ses engagements en matière de désarmement. Face aux critiques internes, le ministre des Affaires étrangères a assumé ce choix stratégique en déclarant :
« Nous ne devons pas être ceux qui font échouer un plan international ».


