Nouvelle Alamein (Le Parisien Matin) 03 octobre 2026 — Le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi a prononcé un discours inaugural marquant l’ouverture du Forum d’Alamein en Égypte. Devant des représentants et des investisseurs de tout le continent, il a insisté sur la nécessité de privilégier les solutions pacifiques pour résoudre les conflits régionaux, soulignant que la stabilité institutionnelle demeure un prérequis indispensable à la croissance économique et à l’attractivité des investissements en Afrique.
L’Importance Fondamentale de la Stabilité pour le Développement
S’exprimant lors de la séance inaugurale de cet événement de trois jours organisé dans la ville côtière de Nouvel Alamein, le chef de l’État égyptien a déclaré que le développement économique ne pouvait être atteint au sein de nations en proie à l’instabilité. Il a affirmé que la sécurité et la paix ne constituent pas un luxe, mais un pilier fondamental recherché par l’ensemble des acteurs économiques, qu’il s’agisse des investisseurs, des agriculteurs ou des industriels.
Le dirigeant égyptien a également réitéré l’attachement de son pays au soutien des institutions étatiques nationales à travers le continent. Selon ses déclarations, la préservation de l’intégrité territoriale, le respect de la souveraineté des États et le renforcement du principe de bon voisinage demeurent des conditions préalables essentielles pour garantir la sécurité collective en Afrique.
Rôle Moteur du Secteur Privé et Échanges Intra-Africains
Au cours de son allocution, le président El-Sisi a fourni des données précises concernant la structure économique du continent. Il a indiqué que le secteur privé africain représente actuellement le principal moteur des économies nationales, en contribuant à plus de 70 pour cent du produit intérieur brut (PIB) global de l’Afrique.
Cependant, il a souligné une asymétrie persistante dans les flux commerciaux : environ 85 pour cent des transactions réalisées par le secteur privé africain s’effectuent avec des entreprises extérieures au continent. Malgré l’existence d’accords commerciaux et de dispositions préférentielles entre les pays membres, le commerce intra-africain ne représente que près de 18 pour cent du total des échanges commerciaux africains au cours des dernières années.
Conséquences des Crises Internationales et Organisation du Forum
Abordant la situation géopolitique mondiale, le dirigeant égyptien a affirmé que les nations africaines aspirent à un ordre mondial fondé sur la paix et la stabilité. Il a déploré le fait que le continent subisse régulièrement les répercussions négatives de crises internationales majeures dont il n’est pas l’instigateur. À titre d’exemple, il a évoqué la crise énergétique actuelle, marquée par la volatilité des cours du carburant et des engrais, ainsi que par les perturbations récurrentes des chaînes d’approvisionnement et des réseaux de transport maritime.
Le Forum d’Alamein rassemble environ 1 500 participants, incluant des hauts fonctionnaires, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des représentants d’institutions financières internationales venus de l’ensemble du continent africain. Les différentes sessions programmées se concentrent principalement sur l’accélération du développement économique et l’optimisation de l’intégration continentale.
L’institutionnalisation de cet événement fait suite à une décision adoptée en février dernier lors du sommet de l’Union africaine tenu à Addis-Abeba, qui a approuvé la tenue du Forum d’Alamein de manière biennale dans la ville égyptienne de Nouvel Alamein. L’organisation de cette plateforme de dialogue est pilotée conjointement par l’Égypte, en coopération avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) et l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD).


