ÉVIAN-LES-BAINS, 14 juin (Le Parisien Matin) – Le sommet du G7 s’ouvre ce lundi à Évian-les-Bains dans un climat de forte tension géopolitique. Alors que la guerre contre l’Iran, lancée par les États-Unis et Israël, fragilise les relations internationales, Emmanuel Macron tente une manœuvre diplomatique délicate pour maintenir Donald Trump au cœur des échanges tout au long de l’événement.
Un agenda sur mesure pour le président américain
Conscient des habitudes du président américain, qui a par le passé quitté des sommets multilatéraux de manière abrupte, le chef de l’État français a procédé à plusieurs ajustements stratégiques. Le calendrier officiel a été décalé d’une journée entière pour permettre à Donald Trump de célébrer son 80e anniversaire avec un événement de combat libre organisé à la Maison-Blanche avant son arrivée en France.
Cette flexibilité s’inscrit dans une volonté européenne de garder Washington engagé sur les dossiers brûlants, tels que le conflit iranien et le soutien continu à l’Ukraine. Les alliés craignent qu’une absence prolongée ou un départ anticipé ne marginalise davantage les discussions sur la stabilité mondiale.
La carte de Versailles et l’absence de communiqué
Pour renforcer l’attachement du président américain à ce sommet, l’Élysée a programmé un dîner privé d’exception au château de Versailles. En mettant en avant le cadre fastueux du monument et le 250e anniversaire de l’indépendance américaine, les autorités françaises espèrent apaiser les tensions personnelles. Ces dernières semaines, les échanges entre les deux dirigeants ont été particulièrement acrimonieux.
« Le comportement du président Trump n’est ni élégant ni approprié pour une gouvernance sérieuse », a déclaré Emmanuel Macron en réponse aux récentes provocations visant sa vie privée et son accent.
Afin d’éviter tout risque d’humiliation publique ou de retrait de signature, une stratégie inédite a été actée. Contrairement aux éditions précédentes, la France a décidé de renoncer à l’élaboration d’un communiqué final commun. Cette décision vise à écarter toute pression inutile sur Donald Trump, qui pourrait être tenté de se désolidariser des conclusions par un message sur les réseaux sociaux. À la place, une synthèse de la présidence sera publiée en clôture, permettant de clore le sommet sans le risque d’un désaveu formel.


