PARIS, 8 septembre (Le Parisien Matin) – Un couple de Britanniques a perdu un acompte de 8 142 euros versé en mai 2025 pour son mariage au Château des Costes, après avoir découvert le 28 juin 2026 que son contrat avait disparu à cause d’un litige entre anciens et nouveaux gérants.

Un coup de cœur pour un domaine varois

Au printemps 2025, Beth Sheperd et son fiancé tombèrent sous le charme du Château des Costes. Le 20 mai, ils versèrent 8 142 euros à la société Laetitia Bataillé Events, alors exploitante du lieu.

Le couple réserva ensuite traiteur, photographe et autres prestataires, sans aucun signe d’anomalie du côté du domaine.

Après des mois de silence radio, la nouvelle direction publia un message sur Instagram le 28 juin 2026. Elle y indiqua n’avoir reçu aucun contrat ni aucun paiement à leur nom.

Le choc fut total.

« Le vendredi, j’étais avec le traiteur et le dimanche, j’apprenais que le mariage n’existait plus. Je suis écœurée. Ça a été un désastre».

A raconté Beth Sheperd.

Le cas ne fut pas isolé. Selon la nouvelle exploitation, six ou sept autres couples se trouvèrent dans la même situation, avec des réservations non transmises.

Le couple déposa plainte pour escroquerie le 2 juillet 2026 au commissariat de Sanary, comme l’a révélé Var-Matin. Il renonça à sa réception provençale.

Un conflit financier entre deux gestions

Derrière l’annulation se dessina une guerre judiciaire. Les anciens exploitants affirmèrent avoir renoncé à l’achat du domaine à cause de plaintes du voisinage. Un accord aurait prévu que la nouvelle équipe honore les mariages déjà réservés contre le solde, tandis qu’eux conservaient les acomptes en fournissant le matériel.

Pascal Bataillé évoqua un blocage total.

« Le nouveau gérant a fait saisir nos comptes. […] Tant que le jugement n’est pas tombé, nous ne pouvons rembourser personne ».

A-t-il assuré, alors qu’une liquidation judiciaire fut ouverte le 28 juillet 2026.

De son côté, le propriétaire Nicolas Illic contesta cette version. Il accusa le duo d’avoir cessé de payer les loyers dès août 2025 et d’avoir disparu sans transmettre les dossiers. Il fit saisir 15 000 euros par huissier pour compenser les impayés et estima que les anciens gérants auraient pu rembourser l’ensemble des acomptes.

Le couple britannique prévoit désormais une simple cérémonie civile à Londres au printemps prochain.

Un système à la faille béante

L’affaire du Château des Costes n’est pas qu’un simple litige commercial. Elle révèle une faille structurelle du marché du mariage haut de gamme en Provence.

Le modèle est connu : un propriétaire loue ses murs à une société d’événementiel qui encaisse les acomptes, parfois plus d’un an à l’avance. Juridiquement, deux entités distinctes coexistent sur le même lieu. Quand l’une s’effondre, les contrats s’évaporent avec elle. Les clients, eux, n’ont jamais eu affaire au propriétaire, seul titulaire du droit d’exploiter le domaine.

Ici, le mécanisme a tourné à plein. 8 142 euros encaissés en mai 2025, aucune transmission de dossier, puis une annonce par Instagram. Le réseau social comme seul canal d’information officielle dit beaucoup de l’amateurisme qui entoure certaines gestions. Pour les futurs mariés, aucun séquestre, aucune garantie financière, aucun intermédiaire.

Le conflit sur les loyers impayés depuis août 2025 et la saisie de 15 000 euros par huissier montrent aussi comment les couples deviennent des variables d’ajustement d’une guerre entre exploitants. Chaque partie renvoie la responsabilité du remboursement à l’autre, en attendant un jugement qui pourrait prendre des mois, alors qu’une liquidation judiciaire a déjà été ouverte.

C’est le point le plus inquiétant : six ou sept autres mariages seraient concernés. On ne parle plus d’un incident isolé mais d’une pratique où l’acompte sert de trésorerie courante. Sans cadre légal imposant un compte séquestre pour les acomptes événementiels, le risque reste entièrement porté par les clients.

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