PARIS, 8 septembre (Le Parisien Matin) – L’OCDE a publié les résultats PISA 2025. Les scores des 6 501 élèves français de 15 ans testés dans 289 écoles n’ont jamais été aussi bas depuis 2000 en lecture et en mathématiques, tout en restant dans la moyenne OCDE, avec des inégalités sociales et de genre persistantes.

L’enquête a porté sur 760 000 jeunes dans 91 pays. Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang dominent en sciences et maths, Singapour en lecture.

Un niveau au plus bas

L’OCDE a relevé « la performance moyenne la plus faible jamais observée dans les pays de l’OCDE », selon Eric Charbonnier. Il a précisé :

« La performance en sciences se maintient à peu près, mais il y a une chute de plus de 20 points sur la compréhension de l’écrit et mathématiques ».

La France a perdu 4 points en sciences, 18 en lecture et 16 en maths depuis 2022. Vingt points valent une année de scolarité.

« Quand on regarde la performance des élèves, il y a vraiment une chute assez importante en dix ans ».

A analysé Eric Charbonnier.

Des difficultés généralisées aux favorisés

L’écart social s’est réduit depuis 2015 par recul des favorisés. Les maths ont chuté de 22 points chez les défavorisés et de 38 points chez les favorisés.

« Notre système éducatif a vraisemblablement des difficultés qui se sont généralisées parmi les élèves favorisés ».

A pointé Eric Charbonnier.

« Sur dix ans, les élèves des familles les plus favorisées ont perdu 50 points en compréhension de l’écrit et 28 points en mathématiques, c’est assez énorme ».

A-t-il ajouté.

Un tiers des élèves a de grandes difficultés en lecture.

« Les élèves, en France comme dans beaucoup de pays, ont beaucoup plus de difficultés à répondre aux questions qui demandent des processus cognitifs complexes, de la réflexion, de la lecture de textes longs (400 mots), de la concentration ».

A souligné Eric Charbonnier.

Les filles obtiennent 32 points de plus que les garçons en lecture.

« Quand on sait que 20 points, c’est une année d’apprentissage, ce n’est pas rien ».

A averti Eric Charbonnier.

Enseignants et parents moins présents

En 2025, 45% des élèves étaient dans des établissements signalant un manque d’enseignants, contre 17% en 2015.

« Les pays qui résistent le mieux, ce sont les pays qui ont investi dans leurs enseignants ».

A observé Eric Charbonnier.

Le soutien parental recule, avec seulement 34% de parents interrogeant régulièrement leurs enfants sur l’école. Le ministre Edouard Geffray a jugé les résultats « préoccupant » mais « hélas, pas une surprise ».

Le plus frappant dans cette édition 2025 n’est pas tant la baisse elle-même, attendue depuis 2018, que sa répartition. Longtemps, la France a lu PISA comme le thermomètre d’une fracture entre quartiers et catégories sociales. Cette fois, la fièvre a gagné les milieux favorisés.

Le recul de 50 points en lecture chez les élèves les plus aisés en dix ans est un basculement sociologique. Ce ne sont plus seulement les élèves en difficulté qui décrochent sur les textes longs, c’est aussi une partie des bons élèves qui perdent en endurance cognitive.

L’hypothèse lancée sur l’IA, plus présente dans les foyers favorisés, mérite d’être prise au sérieux, mais elle ne suffit pas. Elle s’ajoute à une surexposition aux écrans courts, à une lecture plaisir en recul et à une école qui a peiné à imposer un temps long de concentration.

Deuxième enseignement, la France paie son modèle de dépense. Le pays investit beaucoup, mais disperse. Les 45% d’établissements qui signalent un manque d’enseignants illustrent une crise de l’attractivité plus qu’un manque de moyens budgétaires globaux.

Les systèmes qui résistent en Asie et en Europe du Nord ont sanctuarisé la formation continue et l’autonomie pédagogique des équipes, exactement les deux chantiers cités par le ministre.

Enfin, le facteur parental, souvent relégué au second plan, revient au centre. Quand seulement un tiers des parents demandent régulièrement comment s’est passée la journée, l’école porte seule une charge qu’elle ne peut assumer.

Le plaisir d’apprendre, plus élevé que la moyenne OCDE chez les élèves français selon l’enquête, existe. Mais sans cadre stable à la maison et sans enseignants présents en classe, il ne se transforme pas en compétences durables.

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