MAUREILLAS-LAS-ILLAS, 18 août (Le Parisien Matin) – Une femme de 40 ans a blessé sa mère de 65 ans à l’arme blanche avant de retourner le couteau contre elle vendredi 14 août vers 6 heures du matin. Les deux victimes ont été prises en charge par les secours. La quadragénaire est décédée des suites de ses blessures à l’hôpital quelques heures plus tard.

Vers 6 heures du matin, les gendarmes ont été appelés et sont intervenus dans une maison en bordure du centre-ville.

En pénétrant dans le domicile, ils ont découvert deux femmes blessées à l’arme blanche.

Selon les premiers éléments, elles appartenaient à la même famille. La fille habitait le village depuis deux ans environ et y était très peu connue. La mère, elle, vivait à Céret selon les premiers éléments.

Toutes deux ont été évacuées vers le centre hospitalier de Perpignan. Ces informations, délivrées par le journal L’Indépendant, ont été confirmées par le parquet contacté par ICI Roussillon.

Enquête ouverte pour tentative d’homicide

Une enquête a été ouverte « en flagrance des chefs de tentative d’homicide sur ascendant », a confirmé le parquet de Perpignan.

La gendarmerie nationale a été chargée de préciser les circonstances exactes du drame.

Il s’agissait de déterminer les causes du passage à l’acte survenu au sein du domicile familial.

D’après le quotidien, la fille a porté des coups de couteau à sa mère avant de retourner l’arme contre elle-même.

Elle s’est infligé plusieurs blessures graves au niveau du ventre et des poignets.

La femme de 40 ans a notamment été touchée au ventre.

Prise en charge par les secours, l’état de santé de la mère a pu être stabilisé. Son pronostic vital n’était plus engagé.

Si elle n’était pas connue défavorablement à Maureillas, le parquet a mentionné que la fille était suivie « pour des problèmes d’ordre psychiatrique ».

Elle n’avait aucun antécédent judiciaire et n’avait jamais été condamnée.

Le maire de la commune, Jean Vila, a indiqué que la mère résidait à Maureillas-las-Illas.

Les recherches menées par le Centre communal d’action sociale (CCAS) n’ont révélé aucun signalement ou suivi particulier concernant cette famille.

L’angle mort du suivi psychiatrique en milieu rural

Ce drame de Maureillas-las-Illas condense plusieurs failles silencieuses propres aux petites communes.

D’abord, la discrétion de l’auteure. Décrite comme très peu connue, installée depuis deux ans seulement, elle n’avait jamais fait l’objet de signalement. Dans un village de moins de 3 000 habitants, l’anonymat reste possible, et l’absence de conflit de voisinage a longtemps été confondue avec une absence de fragilité.

Ensuite, le paradoxe du suivi psychiatrique. Le parquet confirme un suivi existant, sans antécédent judiciaire. Cela pose la question de l’articulation entre soin ambulatoire, entourage familial et veille sociale.

Une prise en charge médicale n’implique pas automatiquement une alerte des services municipaux, surtout quand la personne vit seule.

Enfin, la confusion sur le domicile de la mère, donnée à Céret par les premiers enquêteurs puis à Maureillas par le maire, révèle le flou autour des situations familiales trans-communales.

Le CCAS n’a rien trouvé, ce qui ne signifie pas qu’il n’y avait rien à voir, mais que les outils de détection restent déclaratifs. Dans ces drames intrafamiliaux, le passage à l’acte survient souvent lors d’une visite, d’une cohabitation temporaire, hors de tout radar institutionnel.

Le fait que la mère ait survécu, stabilisée à Perpignan, ouvrira peut-être un espace de compréhension. Mais il laisse une commune sous le choc, face à un fait divers où la psychiatrie, l’isolement et la sphère privée se sont télescopés sans bruit.

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