PARIS, 8 août (Le Parisien Matin) – Paris a accueilli vendredi sa première compétition de plongeon de haut vol en Seine, avec des athlètes s’élançant depuis une plateforme de 20 mètres installée sur le pont de Bir-Hakeim face à la tour Eiffel. L’épreuve a constitué un test de la reconquête du fleuve pour le sport, deux ans après les Jeux olympiques, tout en exposant sa fragilité.
Une pollution détectée puis traitée
Les entraînements ont été suspendus jeudi après la détection de traces d’hydrocarbures en amont. Vendredi, la Fédération française de natation a indiqué que la zone avait été traitée, permettant le retour des athlètes à l’eau. Les finales ont été programmées samedi, les Championnats d’Europe se poursuivant jusqu’au 16 août.
L’adjoint chargé des sports a rappelé les investissements réalisés avant 2024 pour assainir le fleuve.
« Il y a des choses qui sont sous notre contrôle, et il y a des incertitudes qui sont inévitablement liées à toute activité extérieure »
A déclaré Maxime Sauvage.
Il a cité les travaux contre les rejets d’eaux usées et la gestion des eaux pluviales.
« Il y a toujours un petit risque, mais cela fait aussi partie de ce qui rend les événements en extérieur spéciaux »
A ajouté Maxime.
« Quand ils fonctionnent, c’est magique. »
Des centaines de curieux sur les berges
Des centaines de personnes se sont rassemblées vendredi le long des berges, certaines en pause déjeuner, d’autres par hasard. Parmi elles, Rebecca Kapogiannis, 45 ans, venue de London en Ontario avec sa fille pour fêter son diplôme.
« Nous sommes simplement descendus vers la Tour aujourd’hui et avons pensé nous promener le long de la Seine et sommes tombés sur cela et avons trouvé que c’était une activité vraiment cool à regarder »
A raconté Rebecca Kapogiannis.
« N’importe qui peut venir. Je n’ai pas besoin de rien connaître au plongeon. Je peux juste dire : ‘C’est vraiment cool à voir’ »
A expliqué Cynthia Matz.
« En le mettant en public, les gens s’arrêtent simplement et se disent, ‘tiens, que se passe-t-il ?’ et s’arrêtent et passent un peu de temps à en profiter. »
La Seine au cœur des Championnats
Cette rencontre fortuite avec le sport d’élite a illustré la transformation portée par la ville : faire de la Seine un lieu où l’on nage et concourt. La 38e édition des Championnats d’Europe a marqué le centenaire de la première édition à Budapest en 1926. Paris l’avait accueillie pour la dernière fois en 1931. Plus de 1 000 athlètes ont concouru en cinq disciplines : natation, plongeon, natation artistique, nage en eau libre et plongeon de haut vol.
La baignade en Seine avait été interdite en 1923 à cause de la pollution et du trafic fluvial. Elle n’est revenue qu’en 2025, après 1,4 milliard d’euros mobilisés pour rendre le fleuve baignable.
« Paris n’est pas seulement une image de carte postale, c’est aussi un magnifique lieu sportif »
A souligné Maxime Sauvage.


