VARSOVIE, 9 août (Le Parisien Matin) – La Pologne a atteint en 2025 la sixième place des économies de l’Union européenne avec un produit intérieur brut aux prix courants de 922,9 milliards d’euros, soit 4,9 % de la production totale du bloc, selon les données publiées par l’office statistique européen Eurostat.
Cette position l’a placée devant la Belgique, la Suède, l’Irlande et l’Autriche. Comme l’a résumé la source, « L’économie de la Pologne gagne en importance en Europe ». Cette progression a résulté de plusieurs années de croissance continue.
Les trois premières places
Le PIB cumulé des 27 États membres de l’Union s’est élevé à environ 18 800 milliards d’euros en 2025. L’Allemagne est restée la première économie du bloc avec 4 470 milliards d’euros, soit 23,8 % du PIB de l’UE.
La France a généré 2 990 milliards d’euros, représentant 15,9 % du total, suivie par l’Italie avec 2 260 milliards d’euros, soit 12 %. L’Espagne a affiché 1 690 milliards d’euros et les Pays-Bas 1 170 milliards d’euros. Ces cinq pays se sont classés juste devant la Pologne.
« La Pologne est de loin la plus grande économie d’Europe centrale et orientale »,
A souligné la source. Son PIB a pesé plus de deux fois celui de son concurrent régional le plus proche.
La Roumanie a enregistré 380,1 milliards d’euros en 2025, la République tchèque 347,3 milliards d’euros et la Hongrie 218,8 milliards d’euros. L’écart a confirmé la domination polonaise au sein du groupe d’Europe centrale et orientale.

Une croissance tirée par l’industrie et l’investissement
La hausse a principalement résulté d’années de croissance économique, du développement industriel, de l’expansion des exportations et de la progression de la consommation et de l’investissement. Le PIB réel polonais a augmenté de 3,6 % en 2025, tandis que l’économie de l’Union européenne dans son ensemble a crû de 1,5 %.
Le marché du travail est resté résilient, avec un taux de chômage d’environ 3 % et un taux d’emploi de 78,8 % parmi les adultes en âge de travailler. Des investissements stratégiques massifs dans la fabrication, la haute technologie, les véhicules électriques et les semi-conducteurs ont transformé le pays en pôle central de la chaîne d’approvisionnement européenne.
L’intégration au marché unique ouvert et l’injection significative des fonds de relance de l’UE ont continué d’accélérer le développement structurel des infrastructures, notamment les réseaux autoroutiers et ferroviaires.
Les chiffres d’Eurostat ont également montré l’autre facette de cette progression. « La taille même d’une économie ne révèle pas en soi à quel point ses habitants sont riches », a rappelé la source.
Une fois calculé par habitant, le PIB polonais est resté inférieur à 85 % de la moyenne de l’UE. L’ampleur agrégée de l’économie ne s’est pas encore traduite par une richesse moyenne équivalente pour les ménages à travers la population.
Les ressorts d’une ascension de vingt ans
Au-delà des chiffres de 2025, l’ascension polonaise ne relève pas d’un accident conjoncturel mais d’une trajectoire amorcée dès l’adhésion à l’UE en 2004. Trois facteurs structurels expliquent pourquoi Varsovie a réussi là où d’autres économies post-communistes ont stagné.
D’abord, l’utilisation méthodique des fonds européens. Avec plus de 213 milliards d’euros de fonds de cohésion injectés depuis 2004, la Pologne a financé ce que ses voisins ont souvent reporté : autoroutes A1 et A2, modernisation du rail, zones économiques spéciales.
Cet investissement a ancré les usines allemandes à moins de 500 km de Berlin, faisant de la Pologne l’atelier industriel de l’Allemagne.
Ensuite, la taille de son marché intérieur. Avec 37 millions d’habitants, la Pologne dispose d’un amortisseur que la République tchèque ou la Hongrie n’ont pas.
Quand les exportations ont calé pendant la crise de 2008 ou la pandémie, la consommation interne a maintenu la croissance. C’est ce bouclier démographique qui a permis d’afficher une croissance moyenne proche de 4 % par an depuis 2004.
Enfin, un virage assumé vers la montée en gamme. Le pays n’est plus seulement l’assembleur d’appareils électroménagers. Les clusters de Varsovie, Cracovie et Wroclaw ont fait du marché des technologies de l’information une industrie à 26,5 milliards de dollars.
Les incitations fiscales, comme l’exonération d’impôt sur le revenu pour les moins de 26 ans, ont commencé à inverser la fuite des cerveaux. À cela s’ajoute le nouveau levier de la défense, portée à près de 5 % du PIB, le ratio le plus élevé de l’OTAN, qui agit comme un plan de relance industriel massif.
Le défi reste le même : transformer le volume en niveau de vie. Tant que la productivité et les salaires ne rattraperont pas la moyenne européenne, la sixième place restera une victoire statistique plus qu’un basculement ressenti dans les foyers.


