PARIS, 21 août (Le Parisien Matin) – Un rappel massif de charcuteries a été déclenché jeudi 20 août par la plateforme officielle RappelConso. Plusieurs références de jambons, mousses et pâtés des marques Madrange et Paul Predault, distribuées dans toute la France, furent retirées de la vente après une rupture de la chaîne du froid.

Au moins douze fiches d’alerte distinctes furent publiées. Les produits concernés avaient été mis en vente principalement depuis le 16 août dans le réseau Système U, comprenant les enseignes Magasins U, Super U et Hyper U.

Un incident logistique à l’origine de l’alerte

L’incident survint lors de l’acheminement vers les plateformes de distribution. Selon RappelConso, le transporteur STEF Niort subit une panne de réfrigération qui provoqua un pic de température.

Cette défaillance entraîna, selon la source, « une rupture de la chaîne du froid qui pourrait avoir laissé proliférer des bactéries sur plusieurs références vendues dans toute la France ».

Le communiqué officiel évoqua « un risque d’altération microbiologique, autrement dit un possible développement de bactéries ou de moisissures sur la charcuterie concernée ». Le risque concernait notamment des bactéries pathogènes comme Listeria monocytogenes.

Un risque organoleptique fut également signalé, avec une possible altération de la couleur ou de la texture des produits.

Les références concernées par le rappel

Deux marques majeures furent visées. Chez Madrange, cinq références de jambon furent listées.

Il s’agissait du jambon supérieur à l’étouffée sans nitrite en paquet de deux tranches de 80 grammes, GTIN 3180940083121, lot 6160119674. Sa version six tranches de 240 grammes, GTIN 3180940083114, lot 6160118751, fut également rappelée.

Furant ajoutés le jambon supérieur au torchon sans nitrite, GTIN 3180940083183, lot 6160119137, le jambon gourmand et engagé à impact climat réduit, GTIN 3180940004126, lot 6160119559, et le jambon supérieur cuisiné à l’os, GTIN 3180940084272, lot 6160119808.

Toutes les dates limites de consommation coururent jusqu’au 9 septembre maximum.

Côté Paul Predault, le jambon aux trois poivres, GTIN 3177340000032, lot 6160118793, et le jambon cuisiné à l’os, GTIN 3177340018174, lot 6160118575, furent concernés.

Le rappel s’étendit aux mousses. Deux mousses de canard entrèrent dans la liste, dont une Madrange au porto avec 25% de sel en moins. Une mousse de foie supérieure et un pâté de campagne sans marque, références 3273625841779 et 3273625841786, complétèrent la liste.

Rayon réfrigéré de supermarché avec barquettes de jambon et pancarte jaune de rappel produit

Consignes pour les consommateurs

La consigne émise par RappelConso fut sans ambiguïté. La plateforme indiqua :

« ne consommez surtout pas ces produits, même s’ils semblent visuellement normaux dans votre frigo ».

Les consommateurs furent invités à détruire les produits ou à les rapporter en magasin pour obtenir un remboursement intégral. Aucune date limite de remboursement ne fut fixée.

Un numéro de service consommateur fut mis en place par le fabricant, le 05.55.30.03.61, pour toute question relative au rappel.

Les autorités demandèrent de comparer le numéro de lot inscrit sur l’emballage avec ceux listés dans les fiches RappelConso avant toute consommation.

Le danger ne fut pas détectable à l’œil nu. Une rupture de la chaîne du froid favorisa le développement de bactéries pathogènes bien avant que l’odeur ou la couleur du produit ne changeât.

C’est pour cette raison que les autorités sanitaires préférèrent agir en amont. La DLC indiquée sur l’emballage ne fut plus considérée comme une garantie de sécurité.

En cas de consommation et d’apparition de symptômes comme de la fièvre, des maux de tête ou des courbatures, une consultation médicale immédiate fut recommandée.

Une faille logistique révélatrice de la fragilité du frais

Ce rappel ne relève pas d’une contamination à l’usine, ce qui le rend plus instructif que les alertes habituelles pour listeria. Ici, le maillon faible fut le transport.

Une seule panne chez STEF Niort a suffi à compromettre une dizaine de références nationales, ce qui montre à quel point le système du frais en flux tendu reste vulnérable à un incident ponctuel.

Le choix des produits n’est pas anodin. Madrange et Paul Predault ont misé ces dernières années sur des gammes sans nitrite.

C’est un argument de vente puissant pour le consommateur, mais c’est aussi une contrainte microbiologique majeure. Sans nitrite, la barrière contre le développement bactérien repose quasi exclusivement sur le maintien strict du froid. Quand le froid lâche, la marge de sécurité disparaît plus vite.

Enfin, l’affaire illustre l’évolution de RappelConso. Loin d’être une simple chambre d’enregistrement, la plateforme devient le révélateur d’une transparence imposée aux industriels.

Le réflexe de vérification du lot, encore marginal il y a trois ans, s’installe dans les habitudes. Pour les distributeurs comme Système U, l’enjeu n’est plus seulement de rembourser, mais de prouver la traçabilité de leur chaîne, camion par camion.

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