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La Course Contre La Montre S’Accélère Pour Retrouver Des Survivants Au Venezuela

Frida GhitisPar Frida Ghitisvendredi, 26 juinAucun commentaire5 Min Temps de lecture
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Habitants cherchant des survivants au Venezuela
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LA GUAÏRA, 26 juin (Le Parisien Matin) – Le nord du Venezuela est plongé dans une tragédie humaine d’une ampleur historique. Après deux séismes successifs de magnitude 7,2 et 7,5 survenus le 24 juin, les villes de Caracas et de La Guaira se sont transformées en champs de ruines.

À ce jour, le bilan officiel fait état de 920 décès et de 3 360 blessés, tandis que les autorités craignent que le nombre final de victimes ne dépasse les 10 000 selon les premières estimations du service géologique américain. La situation sur le terrain reste extrêmement précaire alors que la fenêtre de survie se referme inexorablement.

Les équipes de secours internationales ont commencé à arriver près de deux jours après les secousses, accueillies par une population exsangue et une frustration grandissante face à l’absence de moyens lourds. Les infrastructures, déjà fragilisées par des années de crise économique, ont cédé sous la violence des ondes sismiques, laissant des milliers d’habitants dans une détresse absolue. Dans la cité côtière de La Guaira, plus d’une centaine de bâtiments, dont de hautes tours d’habitation, se sont effondrés, piégeant des centaines de personnes sos des tonnes de béton.

L’angoisse des familles face aux décombres

Dans les rues de La Guaira, le désespoir est palpable. Jennifer Palacios, 25 ans, témoigne de cette horreur quotidienne devant les débris de l’immeuble où elle résidait. Alors qu’elle avait quitté son domicile pour une brève période, elle a vu son complexe d’habitation se muer en tombeau pour son fils de six ans et cinq autres membres de sa famille. Sa détresse reflète celle de milliers d’autres Vénézuéliens qui attendent encore des nouvelles de leurs proches.

« C’est la communauté qui a réussi à sortir des gens vivants. Nous avons besoin qu’ils apportent des grues pour déplacer les dalles. Il y a encore des gens piégés », confie-t-elle, assise sur une chaise en plastique face aux décombres.

Ce sentiment d’abandon est partagé par beaucoup. Sur les sites des effondrements, les habitants creusent souvent à mains nues, faute d’équipements spécialisés. Le site web dédié au recensement des disparus affiche déjà plus de 50 000 signalements, une donnée qui illustre l’ampleur du chaos et l’incertitude dans laquelle sont plongées les familles.

Équipes de secours internationales au Venezuela

La logistique des secours internationaux

Face à cette crise majeure, la communauté internationale a rapidement réagi. Des équipes de secours venues du monde entier, y compris de pays ayant historiquement entretenu des relations tendues avec le gouvernement vénézuélien, sont arrivées sur place. La République dominicaine a été la première à atteindre La Guaira, suivie par des contingents venus du Mexique, de Colombie, d’Espagne, d’Inde et de Suisse.

Les États-Unis, de leur côté, ont annoncé la mobilisation de 150 millions de dollars d’aide, incluant l’envoi de navires, d’hélicoptères et de spécialistes du sauvetage venus de Californie et de Floride. Ces renforts étrangers utilisent des drones, des scanners thermiques et des chiens de recherche pour sonder les ruines. À Los Corales, les sauveteurs salvadoriens travaillent sans relâche sur les vestiges du complexe Coral Mar, espérant capter le moindre signe de vie sous les décombres des tours de dix étages.

Ruines après le séisme à La Guaira Venezuela

Une nation au bord de la rupture

La gestion de cette catastrophe représente un défi politique majeur pour l’administration de Delcy Rodriguez. Malgré les promesses de déploiement massif d’assistance et la militarisation de l’État de La Guaira, la réalité du terrain reste marquée par une disparité criante dans la distribution des secours. Tandis que certaines zones bénéficient de la présence des forces de l’ordre et des pompiers, d’autres secteurs semblent totalement livrés à eux-mêmes.

Le secteur pétrolier, poumon économique du pays, semble avoir été épargné par les destructions majeures selon les premières analyses des entreprises étrangères. Néanmoins, l’économie domestique est à l’arrêt, la Bourse de Caracas ayant été transformée en centre de collecte de dons. Pour les citoyens, le séisme n’est que la dernière épreuve d’une longue série de crises. La pauvreté, la dégradation des services de santé et l’exode massif ont gravement entamé la capacité de résilience du pays.

Le défi des autorités et de l’aide humanitaire

La difficulté d’accès aux services publics se manifeste jusque dans les procédures les plus tragiques. Ricardo Trias, avocat de 73 ans, cherche désespérément à obtenir un certificat de décès pour son filleul, extrait des ruines à Caraballeda. Le corps, recouvert d’un drap vert, attend toujours sur place en raison de l’absence d’autorités médico-légales. Cette situation souligne les lacunes logistiques d’un système hospitalier déjà débordé avant même que la terre ne tremble.

La coordination entre les autorités locales et les volontaires venus de Caracas ou de Valence reste essentielle pour acheminer les vivres et le matériel de première nécessité. Si le gouvernement affirme avoir distribué 2 600 tonnes de nourriture, la logistique demeure un casse-tête quotidien. La multiplication des points de collecte et l’afflux d’aide internationale doivent désormais être mieux centralisés pour éviter que le chaos ne ralentisse les opérations de recherche, alors que chaque heure qui passe diminue les chances de retrouver des survivants.

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