Qui n’a jamais entendu quelqu’un dire le mot « burnout » ? Ce mot, qui résonne désormais comme un cri d’alarme, est partout : dans nos conversations, dans les médias, sur les réseaux sociaux.
Comme « haut potentiel intellectuel » ou « pervers narcissique », il s’est imposé dans notre langage, au point que l’on croit tous savoir ce qu’il signifie. Mais ce terme souvent réduit à un simple épuisement lié au travail est en réalité une expérience bien plus vaste. D’ailleurs, le burnout n’est pas la seule façon de parler de cet effondrement intérieur que peuvent connaître tant de personnes.
La définition du burnout
Mais concrètement, qu’est-ce que le burnout ?
Selon l’INRS, le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, se caractérise par 3 dimensions :
- L’épuisement émotionnel (parfois physique) : l’individu se sent vidé, sans ressource émotionnelle. La fatigue corporelle (souvent caractérisée par des troubles du sommeil) est fréquente, mais c’est l’aspect émotionnel qui prime.
- La dépersonnalisation ou le cynisme : l’individu devient insensible au monde qui l’entoure, ses relations à autrui sont déshumanisées, il perçoit les autres (clients, patients, collègues) comme des objets.
- Le sentiment de non-accomplissement au travail : l’individu a le sentiment de ne pas être à la hauteur de ses tâches, de ne pas réussir à faire ce qu’on attend de lui.
Le burnout peut toucher tous les professionnels, mais il frappe fort ceux dont les métiers exigent un investissement émotionnel et physique important, comme dans le domaine de la santé. Pour autant, il ne se résume pas à des horaires interminables ou à des altercations avec des usagers. Souvent, le simple écart entre la représentation que l’on se fait de son métier et la réalité quotidienne du travail suffit à provoquer un épuisement.
Ses conséquences peuvent être graves. Dans les cas les plus sévères, le burnout peut mener à une dépression profonde, voire à une altération durable de certaines fonctions cognitives, comme la mémoire ou l’attention.
La triade de l’épuisement professionnel : bore-out et brown-out
Le burnout n’est qu’une des formes que peut prendre l’épuisement professionnel. Le bore-out en est une autre, et ses causes sont inverses à celles du burnout.
Le bore-out désigne un ennui profond au travail, qu vient d’un manque de stimulation intellectuelle et d’une impression d’inutilité. Celui-ci est notamment méconnu car il est commun que les personnes le traversant subissent du mépris de la part de leur entourage professionnel, voire d’eux-mêmes.
L’ennui est souvent associé à de la paresse ou du désintérêt. Il va à l’encontre des intérêts de l’entreprise, à savoir la productivité et l’engagement. Il peut créer chez la personne concernée un sentiment de honte, une perte de confiance en soi et une impression d’être inutile.
Si le burnout est désormais reconnu et légitimé dans une certaine mesure, le bore-out reste inconnu du grand public, et il est souvent mal accueilli et géré par l’entourage professionnel des personnes en étant atteintes.
Et le brown-out?
Le brown-out désigne l’absence de sens dans son travail. Il touche essentiellement les personnes faisant des « bullshit jobs » ( “jobs à la con”), théorisés par David Graeber et dans lesquels les tâches sont souvent répétitives et dénuées d’intérêt ou de sens.
Cette notion se démocratise d’autant plus dans une période où la recherche de sens dans son travail devient de plus en plus importante.
Une reconnaissance médicale très limitée du burnout
Aujourd’hui, le burnout étant de plus en plus reconnu, de nombreux outils simples sont disponibles, comme des questionnaires d’auto-évaluation en ligne accessibles à tous. Bien sûr, ces outils ne remplacent pas un avis médical, mais ils peuvent constituer un premier pas pour ceux qui s’inquiètent de leur état de santé.
À l’inverse, le bore-out et le brown-out restent peu médiatisés et disposent de bien moins de ressources que le burnout.
D’un point de vue médical, seul le burnout est reconnu par l’OMS comme un « phénomène lié au travail ». En France, il peut justifier un arrêt maladie, mais uniquement à titre exceptionnel, car il ne figure pas dans les tableaux officiels des maladies professionnelles.
Ses deux semblables ne sont pas reconnus médicalement et ne peuvent donc pas être diagnostiqués en tant que tels. Pourtant, leurs symptômes et la souffrance qu’ils entraînent sont bien réels et peuvent faire l’objet d’une prise en charge médicale ou psychologique.
Cette prise en charge reste toutefois centrée sur l’individu, par exemple via une thérapie, sans remettre en cause l’organisation du travail ou le milieu professionnel, qui sont pourtant souvent à l’origine du problème.
Il est souvent difficile d’admettre que l’on traverse une situation à risque. Pourtant, repérer les signes avant-coureurs est essentiel pour prévenir tout type d’épuisement professionnel. Parmi ces signes, on retrouve :
- Une fatigue persistante ou des troubles du sommeil ;
- Une irritabilité, une anxiété ou une nervosité accrues ;
- Une perte de motivation et des difficultés de concentration ;
- Un désengagement et un isolement social grandissant.


