PARIS, 18 juillet (Le Parisien Matin) – La sécheresse et les vagues de chaleur prolongées assèchent rapidement les voies navigables françaises, transformant les écosystèmes aquatiques de façon sans précédent. Selon les données du réseau de surveillance Onde du Bureau français de la Biodiversité, 16 % des rivières nationales étaient sèches fin juin, tandis que 10 % supplémentaires présentaient des débits invisibles. En Aude, département du sud-ouest, la proportion de voies d’eau asséchées a atteint un record historique de 22 %.
Les régions Languedoc et Roussillon ont enregistré des niveaux d’eau en baisse constante, des débits fortement réduits et une élévation des températures au cours des deux derniers mois. Les départements méditerranéens ont été particulièrement touchés, avec entre 10 % et 20 % des voies navigables asséchées durant l’été, contre une moyenne nationale de 5 % à 10 %.
Conditions critiques dans le nord de l’Aude
Les conditions les plus préoccupantes ont été enregistrées dans la Montagne Noire et les Corbières, particulièrement dans la haute vallée de l’Aude. Adrien Arazo, directeur de la Fédération de Pêche de l’Aude, a exprimé ses préoccupations :
« Ce qui inquiète aujourd’hui, c’est l’assèchement de certaines voies navigables à cette époque de l’année, alors qu’il reste encore deux mois d’été. »
Malgré des précipitations hivernales importantes, un printemps anormalement sec et chaud suivi d’une vague de chaleur précoce et prolongée a provoqué un assèchement accéléré des petites voies d’eau par évaporation accrue.
Impacts sur la faune aquatique
L’élévation des températures menace certaines espèces. Les espèces d’eau froide, notamment la truite commune et la chabot, devraient décliner. À l’inverse, le chevaine, la barbeau, le goujon et l’écrevisse américaine invasive pourraient bénéficier des nouvelles conditions, prospérant dans les rivières à faible débit où les algues et le plancton se multiplient.
Mesures d’exception en cours
Le Bureau français de la Biodiversité a précisé que les niveaux d’eau naturellement bas sont souvent aggravés par les activités humaines, notamment l’irrigation et les prélèvements pour l’eau potable. Les autorités ont imposé des restrictions d’utilisation de l’eau variées selon l’état des bassins versants, les niveaux des eaux souterraines et les prévisions météorologiques.
La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a déclaré que des restrictions d’eau étaient en vigueur dans les 99 départements de la France métropolitaine. Au total, 206 arrêtés préfectoraux limitant l’utilisation de l’eau ont été émis – le chiffre le plus élevé enregistré depuis au moins 2013.


